Les syndicats montent au créneau

L'UMT appelle le gouvernement à prendre des actions sociales fortes et courageuses

Parmi les mesures demandées: proroger au-delà du 30 juin 2020 le paiement de l’indemnité forfaitaire versée par la CNSS aux employés des entreprises en arrêt temporaire d’activité.

Le volet social revient en force dans les débats politiques. Interpelé par les syndicats, dont tout particulièrement l’UMT, dirigé par son secrétaire général, Miloudi Moukharik, le gouvernement est mis sérieusement devant ses responsabilités pour apporter une réponse forte et convaincante aux problèmes sociaux qui se sont aggravés avec la crise du Covid-19. Au lendemain de l’annonce par le ministre de l’Intérieur d’un déconfinement progressif par régions, le syndicaliste en chef de l’UMT, qui s’est réuni avec le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, s’alarme contre une telle décision injustifiée à ses yeux, qui pénalise les villes situées dans l’axe Casa-Rabat-Kénitra, qui concentre l’essentiel de l’activité économique nationale. Pour lui, maintenir le confinement sur ces villes est totalement contradictoire avec la reprise économique à laquelle avait appelé le ministre de l’Economie et des finances, Mohamed Benchaâboun.

Tout en appelant à lever rapidement le confinement sur cet axe stratégique et sur d’autres villes comme Marrakech et Tanger, villes touristiques par excellence, Miloudi Moukharik propose au gouvernement de proroger au-delà du 30 juin le paiement de l’indemnité forfaitaire versée par la CNSS aux employés des entreprises en arrêt temporaire d’activité. Une telle mesure, pour le patron de l’UMT, va certainement soulager les familles marocaines en difficultés financières.

Un énorme retard
Si le gouvernement a été plus ou moins rapide dans sa réponse au début de la crise du covid-19 et l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, avec des mesures économiques et sociales considérées comme importantes, il n’en demeure pas moins que la faiblesse, la lenteur et la cacophonie ont caractérisé ses actions ces derniers temps. Sinon, comment expliquer l’énorme retard de 15 jours pour lancer le processus de déclaration de paiement de l’indemnité forfaitaire de la CNSS au titre du mois de mai ? Pour beaucoup, ce retard est impardonnable au point d’avoir créé une confusion énorme dans l’esprit des Marocains qui pensent que les aides de la CNSS sont limitées entre le 15 mars et le 30 mai, alors qu’en réalité, selon le premier communiqué publié par le Comité de veille économique, elles s’étendent au 30 juin.

Quant aux aides versées aux personnes titulaires de la carte RAMED, elles sont tout simplement mal organisées et mal ciblées. Au lieu de bénéficier aux personnes les plus nécessiteuses, elles profitent injustement aux personnes aisées qui disposent de revenus et de propriétés immobilières. Une telle injustice n’est pas de nature à s’estomper rapidement tant ses séquelles pourraient s’aggraver pour produire un grave électrochoc au niveau de la société.

Si les syndicats sont à l’oeuvre pour circonscrire la propagation de la crise sociale, les partis politiques, eux, sont encore toujours aux abonnés absents. Le gouvernement est ainsi appelé à agir le plus rapidement possible pour sauver ce qu’il y encore à sauver.


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