Un symbole identitaire de haute valeur

L'hymne national, 50 ans de vie...

Alors que de nombreux pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique ont modifié ou changé leurs hymnes nationaux, “Manbita al ahrar” a traversé des décennies sans une ride.

Âgé aujourd’hui de 50 ans, l’hymne national a été adopté par feu Hassan II en novembre 1970, lors d’une cérémonie en hommage au poète Ali Sqalli Houssaini, auteur de cette oeuvre nationale qui continue de résonner d’une manière toujours nouvelle dans la mémoire collective des Marocains, comme un symbole identitaire de haute valeur.

Et c’est en ce même mois de novembre 2005 que le roi Mohammed VI a fixé officiellement par dahir cet hymne qui sera au fil des années notre symbole d’appartenance à une même nation, animée par ce désir mutuel de vivre ensemble et cette volonté commune de faire de grandes choses ensemble. Rédigé par le poète Ali Sqalli Houssaini qui nous a quittés, lui aussi en ce même mois de novembre (le 5 novembre 2018), jour où le Maroc célébrait le 43ème anniversaire de la Marche verte, une épopée glorieuse chargée de hautes significations en termes d’appartenance nationale, l’hymne marocain a été savamment choisi, parmi plusieurs textes, par feu Hassan II qui a bien tenu à lui apporter une touche particulière donnant tout son sens à l’appartenance identitaire et à la cohésion nationale, ainsi qu’aux valeurs de paix et de tolérance qui font gloire à la nation marocaine.

Et c’est en 1970 à Mexico que “Manbita al ahrar” a été pour la première fois chanté et retransmis par les télévisions du monde entier, lors du match opposant le Maroc à la République fédérale d’Allemagne qui s’est soldé par une victoire peu méritée des Allemands contre les Lions de l’Atlas (2-1).. Et nos jeunes des années 50-60 retiennent toujours, en souvenir impérissable, cette image de notre onze national qui peinait à réciter les couplets d’Ali Sqalli, essayant tant bien que mal de remuer les lèvres pour donner l’impression qu’il chante bien notre hymne national qui retentissait fort dans le grand stade de Mexico.

La beauté et la portée de notre hymne national, sa composition musicale originale, son rythme et surtout son contenu chargé à la fois d’affirmations identitaires et de valeurs d’ouverture et de paix, lui ont valu une distinction tout à fait particulière de la part des médias étrangers, notamment le quotidien britannique, Daily Telegraph, fondé en 1855, qui l’a plébiscité en tant que meilleur hymne national (forme et contenu) interprété lors du dernier Mondial, Russie-2018. Manière de dire que si la compétition mondiale se jouait aussi sur le terrain des hymnes, le Maroc serait incontestablement champion du monde.

Manière d’affirmer aussi qu’il n’ya pas un grand moment d’émotion pour les joueurs mais aussi pour les supporters et les téléspectateurs, plus fort que celui de faire retentir les hymnes des nations. Alors que de nombreux pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique ont modifié, voire même changé leurs hymnes nationaux, pour des raisons diverses, l’hymne national marocain, a traversé des décennies sans une ride, conservant ainsi toute son authenticité et son originalité.

Et c’est bien Abdeljalil Lahjomri, président de l’Académie royale du Maroc, qui a résumé si bien le sens et la portée de notre hymne national en apportant ce témoignage: “Quand on lit le texte de l’hymne national, on découvre qu’il a résumé avec élégance la quintessence de l’histoire du Royaume, tout en renforçant son image identitaire à l’extérieur”.

Par AHMED ELMIDAOUI - PARIS


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