Suppression de plus de 100 filières faute de débouchés

Formation professionnelle

Le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saïd Amzazi, a annoncé la suppression de 109 filières de la formation professionnelle qui n’offrent pas de débouchés.

La formation professionnelle ne semble plus garantir un emploi. On pourrait ainsi interpréter la décision de la tutelle de supprimer 109 filières existantes qui n’offrent pas débouchés aux lauréats. Saïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a annoncé cette mesure mardi 5 janvier 2021, en réponse à une question orale sur «l’harmonisation des programmes de formation professionnelles avec les exigences du marché de l’emploi», posée par le groupe Authenticité et Modernité à la Chambre des conseillers.

D’après lui, seuls 15% de la totalité des formations existantes seront maintenues, et de nouvelles filières seront lancées à hauteur 42% et 43% des formations mises à jour. Ces changements s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau programme qui vise à développer la formation professionnelle, à travers cinq axes principaux, souligne-t-il, non sans constater une complexité entre l’adéquation entre les formations proposées et le marché de l’emploi.

D’où l’intégration de nouveaux secteurs comme la santé, l’agriculture, l’intelligence artificielle, l’artisanat et la pêche maritime pour accroître les chances d’employabilité des futurs lauréats. Selon le porte-parole du gouvernement, des études réalisées par son ministère révèlent que 67% de la promotion de 2016 ont décroché des emplois neuf mois après avoir reçu leur sésame, ainsi que 84% des pensionnaires des centres de formation en entreprise, dans les secteurs de l’automobile, de l’aviation et du textile.

Vers une refonte de la loi
Le ministre a également déclaré aux parlementaires que son département a réalisé en 2020 cinq études sectorielles sur les guides des métiers, l’artisanat, a défini les références pour les métiers et compétences, et a mis en place des commissions régionales sectorielles qui regroupent des professionnels et élus locaux pour réfléchir sur la stratégie à mettre en place pour une refonte de la loi sur la formation professionnelle.

L’intégration des lauréats des centres de formation professionnelle sur le marché de l’emploi demeure une grande équation. Un rapport publié en 2019 par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) révélait que l’économie marocaine n’a pu créer plus de 83.500 emplois rémunérés par an entre 2011 et 2017. Autrement dit, il n’existait que 20% d’opportunités d’emplois pour les 297.500 nouveaux diplômés dénombrés en 2017, dont 168.968 issus de la formation professionnelle. Le chantier est énorme.

Elimane SEMBÈNE


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