L'interdiction et le "huis clos" ne sont guère les solutions

Des supporters "hors-jeu"

Les «ultras» le font savoir de la manière la plus démesurées et se mobilisent toujours contre les décisions hâtives à la va-vite et s’adonnent à des actes de violence entre eux et à l’égard de tous les symboles de l’autorité.

Les ultras ont fait encore parler d’eux. Il me semble qu’ils voulaient nous souhaiter dans leur style inédit qui ne laissent personne indifférente «Bonne année». Vous parlez de qui là ? et de quelle manière font-ils parler d’eux ? Me dites vous. Vous connaissez, ses supporters qui refusent l’adage : paye, assis-toi et tais-toi. Ses «machines» hurlantes qui scandent à tue-tête chants et slogans au stades du Royaume à Casablanca, Tanger, Fès, Agadir, Laâyoune ou Rabat. Ses farouches «aficionados » qui volent souvent la vedette aux joueurs du «Botola» et leur jeu «médiocre» et sans intérêts. Oui, vous les connaissez. Sont ceux qui s’illustrent par tifos, chorégraphies et cordes vocales à l’appui pendant les grands matchs. Vous les avez sûrement remarqués.

J’en suis sûr et certain que je donne ma main à couper. Voyons voir, rappelez-vous dans un passé tout récent, le quart de final de la Coupe Arabe des Champions. Une édition qui portait le prestigieux nom du Roi Mohamed VI, a vu un prestigieux vainqueur marocain en novembre 2019. Ce match est rentré directement dans les annales des meilleurs derbies au Monde grâce aux groupes des supporters et des Ultras. Pardon, pour ses détails, mais tout cela pour dire que la réussite de ce match a véhiculé/ commercialisé une bonne image sur le football au Maroc. Chose qu’une campagne officielle n’a pas pu faire. Huit buts partageant les Casablancais au score final, avec toute une gamme d’émotion en un raccourci de 90 minutes, plus les cinq minutes de prolongation qui ont porté les Verts en demi-finale en éliminant les Rouges leurs éternels rivaux.

Les ultras, dont j’aimerais bien en parler davantage dans cette chronique, ont créé une ambiance festive, tifos «à go go» des deux groupes antagonistes avec des allégories scéniques, par exemple, à Stanley Kubrick et son oeuvre majeur «Orange Mécanique» et au célèbre roman dystopique «1984» et exactement à sa fameuse «Chambre 101» de George Orwell. Ce qui a déclenché un débat passionnant sur eux, politisés ou pas politisés, instrumentalisés et manipulés ou non, parmi journalistes, chercheurs, responsables «footballistiques» et personnes lambdas. Tout ce beau monde en y allait de son couplet préféré. Nous n’allons pas encore dans les commentaires des uns et des autres. On laisse cela pour une autre fois car les supporters vont tôt ou tard sûrement revenir à la charge.

Revenons à nos moutons. Oui, car il s’agit bien de moutons, ici. En tout cas, c’est ce que serait en train d’être diffusé par certains parmi eux. Sont manipulés et instrumentalisés, selon les uns et les autres pour faire le derby à «huis clos» ou pour faire pression sur l’affaire impliquant leur président. La scène des affrontements de lundi dernier, à mon avis n’est qu’un autre épisode d’un long feuilleton qui ne connaitra pas son épilogue demain. Comment osez-vous dire cela ? J’entends déjà ceux qui vocifèrent.

Loin des phrases savantes et toutes faites de certains qui s’auto-proclament es-experts et spécialistes. De quoi relancer un énième débat autour de la violence qui prend en otage le football et son spectacle. On les pointe du doigt «diablotins» et « sauvageons » alors que l’on peine à trouver une solution qui tient la route depuis des années. Oui, on s’accorde toutes et tous pour dire que les supporters sont souvent en «hors-jeu». Les «ultras» le font savoir de la manière la plus démesurées et se mobilisent toujours contre les décisions hâtives à la va-vite et s’adonnent à des actes de violence entre eux et à l’égard de tous les symboles de l’autorité. C’est ce qu’on a vécu lundi soir. Nous savons parfaitement l’ambiance électrique qui existe dans cet univers qui se nourrit du contexte socio-économique et politique.

A ce niveau, ce n’est pas que les supporters qui sont «hors-jeu», les organismes habilités à l’exécution des réglementations l’ont aussi. Et nous pouvons ajouter les appels des analystes es- supporterisme et de certains «professionnels» farfelus qui animent les ondes: «Mettez fin aux Ultras, multiplier les huis clos et interdire les déplacements des supporters, et vous aurez résolu le problème de la violence». Cela repose largement sur une approche simpliste, «populiste», trop superficielle et contre-productive voire même dangereuse. Oui, c’est vrai que les faits sont têtus. Cependant, l’interdiction et le «huis clos» ne sont guère les solutions. Nous allons encore «botter» en touche» sans jeu de mot pour rester dans le jargon footballistique.

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