Mise en place de la structure sahraouis pour la paix en espagne

Le Polisario aux abois

La création d’un groupement de Sahraouis marocains favorables au plan d’autonomie n’est pas sans susciter l’ire du Polisario et de son soutien algérien.

L’opposition au Front Polisario s’organise. D’Espagne, qui compte la majeure partie de la diaspora sahraouie marocaine, un groupement dénommé Sahraouis pour la paix a vu le jour ce 22 avril, avant de mettre en place ses structures quatre jours plus tard, ce dimanche 26 avril.

Comptant pas moins de 150 anciens du mouvement séparatiste sahraoui, le nouveau groupement vise, comme il le souligne dans un communiqué publié dès après sa création, à défendre une “solution pacifique” au différend régional du Sahara marocain et de “participer à une solution consensuelle et durable”. Point de référence là au référendum d’autodétermination tant défendu par le Polisario et son soutien algérien, ce qui laisse entendre que Sahraouis pour la paix ne serait pas opposé à un règlement passant par l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie. Interprétation qu’a d’ailleurs faite la direction du Polisario, dont le bureau permanent du secrétariat dit “national” a vertement réagi au cours d’une réunion tenue le 26 avril sous la présidence de son secrétaire général, Brahim Ghali, à la mise en place de Sahraouis pour la paix.

Echecs diplomatiques
Au cours de cette réunion, le Polisario a ainsi, selon ce qu’a rapporté l’agence de presse séparatiste Sahara press service, “réitéré (...) son refus de s’intégrer dans tout processus politique qui ne garantisse pas le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance”. Dans la même lignée, un supposé ancien diplomate algérien usant du pseudonyme de Tarek B. et exprimant visiblement le point de vue de ses supérieurs hiérarchiques d’antan est allé jusqu’à accuser le Maroc, dans une tribune publiée ce 27 avril dans le journal électronique algérien TSA, d’avoir lui-même été derrière Sahraouis pour la paix, en taxant le mouvement de “nouveau faux-nez du colon marocain”.

Sous-entendu que si des Sahraouis marocains s’inscrivent en faux contre la phraséologie polisarienne, c’est qu’ils sont nécessairement téléguidés par le Maroc. Ce qui met toutefois en défaut ce discours est la constitution même de Sahraouis pour la paix, qui compte des personnalités qui, pour le moins, n’ont pas pour habitude de jeter des fleurs au Maroc, à commencer par son premier secrétaire, El Haj Ahmed, qui fut même “ministre délégué” chargé de l’Amérique latine de la pseudo “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) et n’est d’ailleurs autre que le frère d’Ahmed Boukhari, ancien représentant du Polisario auprès des Nations unies.

L’explication derrière la fondation de Sahraouis pour la paix est sans doute beaucoup plus prosaïque et devrait plutôt être recherchée dans les échecs diplomatiques cumulés par le Polisario et l’Algérie et qui rendent l’option de l’indépendance du Sahara marocain irréaliste même pour les grandes puissances, comme en avait fait l’aveu en avril 2019 l’ancien président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une interview accordée au journaliste palestinien Abdel Bari Atwan.


2 commentaires

  • Nasser

    6 Mai 2020

    Que va changer ce "groupement" de harkis à la sauce marocaine au combat légitime du peuple sahraoui? Groupement !!!!

  • Mansour Essaïh

    8 Mai 2020

    Erreur,Harkis et deuziam franciss au-delà de Zouj Bghal. Vérité, authenticité et patriotisme sincère en-deçà ! Tu peux crever de haine et de jalousie. Ça fera un harki de moins et c’est bon pour le Grand Maghreb

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