Une structure incontournable dans la gestion de la crise sanitaire

CENTRE NATIONAL ANTIPOISON ET DE PHARMACOVIGILANCE

Impliqué activement dans la crise sanitaire actuelle, le Centre national antipoison et de pharmacovigilance a vu sa réputation monter en flèche sur fond de polémique internationale sur les effets indésirables liés au vaccin britannique, AstraZeneca. Quel rôle joue-t-il? Et comment fonctionne-t-il?

Tout au long de la crise sanitaire, beaucoup d’intervenants dans la chaine de la santé ont été impliqués à différents niveaux, mais rarement on a entendu parler de l’implication du Centre national antipoison et de pharmacovigilance. Or le rôle de ce centre, méconnu du grand public, dans cette crise est décrit comme important, voire incontournable. Son implication s’est révélée au grand jour avec cette grande polémique suscitée au niveau international autour des effets indésirables provoqués par le vaccin britannique, AstraZeneca.

Une polémique qui a poussé la directrice générale ce centre, Professeur Rachida Soulaymani Bencheikh, à sortir de son silence pour parler de cette structure stratégique dans le système de santé national. Pour cette experte internationale en pharmacovigilance et lauréate de l’Institut national d’administration sanitaire de Rabat, ce centre, qui existe depuis voilà 32 ans, a toujours été un partenaire clé depuis l’introduction du protocole thérapeutique contre la Covid-19 en mars 2020 jusqu’au lancement de la campagne de vaccination.

Des experts spécialisés
«Un système de pharmacovigilance fonctionne avec un centre national mais aussi avec des centres régionaux qui collectent les informations et les déclarations sur les effets indésirables faites par les patients ou par les médecins», explique Pr. Soulaymani Bencheikh. Quand des personnes déclarent des effets indésirables, c’est qu’elles les soupçonnent d’être liés à la prise de médicaments ou de vaccins. Quand l’information parvient au centre, les données sont rigoureusement analysées pour vérifier s’il y a effectivement une relation entre la prise du médicament ou du vaccin et l’apparition de l’événement indésirable.

Pour Pr Soulaymani, le système marocain de pharmacovigilance est l’un des plus performants dans le monde. «Aux côtés des centres suédois et indien, nous sommes reconnus au niveau international comme l’un des trois centres mondiaux qui sont nommés par l’OMS comme centre collaborateur de cette institution», estime fièrement celle qui voit désormais son travail montré au monde entier. De prime abord, malgré le fait que les deux activités sont regroupées dans une seule structure, il faut distinguer le centre de pharmacovigilance du centre antipoison.

Il s’agit en fait de deux centres avec des missions différentes qui, selon le pays, peuvent travailler de manière séparée ou intégrée. Au Maroc, le fonctionnement de ces deux centres se fait en tandem, ce qui offre un avantage indéniable en termes de rationalisation des ressources humaines et matérielles et en efficacité. La pharmacovigilance s’intéresse en premier lieu aux effets indésirables des médicaments, alors que l’activité antipoison s’intéresse, elle, aux méfaits de tous les toxiques et produits de consommation, y compris les médicaments.

Les données collectées sont évaluées par un personnel spécialisé capable de générer des alertes sanitaires. Ces alertes sont transmises aux instances concernées afin qu’elles prennent les dispositions nécessaires susceptibles de limiter les préjudices sanitaires.