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Le stress hydrique s'accentue dans le Royaume

Comment Lydec fait face à la pénurie

Les principaux barrages que compte le Royaume affichent désormais des taux de remplissage très alarmants. 20% seulement, contre 40% il y a un an de cela. Une chute terrible pour les réserves d’eau.

Sécheresse oblige et en raison d’un stress hydrique aigu qui frappe la région de Casablanca, tout comme le reste du Royaume, le distributeur d’eau et d’électricité, Lydec, a réduit le débit d’eau pour ses clients de 8% entre minuit et 5 heures du matin et de 5% pendant le reste de la journée. Une mesure importante qui permet d’économiser environ 30.000 m³ d’eau par jour sur les 600.000 m³ consommés.

Tout en assurant les clients et les habitants du Grand Casablanca de sa mobilisation pour limiter les impacts de la pénurie d’eau, Lydec affirme poursuivre ses efforts pour délivrer au quotidien les services de distribution d’eau et d’électricité, d’assainissement liquide et d’éclairage public dans les meilleures conditions.

Lydec dit poursuivre la mise en œuvre du plan d’action présenté aux autorités en mars 2022, notamment les opérations d’optimisation de la pression d’eau sur le réseau, de jour comme de nuit.

Dans ce contexte exceptionnel de baisse de la ressource, Lydec a souligné qu’il est plus que jamais urgent de poursuivre la rationalisation de la consommation en eau. La réduction de la pression d’eau pour les Casablancais a été précédée par une campagne de sensibilisation pour une grande prise de conscience de la gravité de la situation.

Il faut dire que le Maroc, pays particulièrement sensible à l’impact des changements climatiques, n’est pas du tout épargné par le problème du stress hydrique. Les centaines de barrages que compte le Royaume affichent désormais des taux de remplissage très alarmants.

Selon la situation journalière des principaux grands barrages du Royaume, établie par le ministère de l’Equipement et de l’Eau, au 29 septembre 2022, l’ensemble des barrages affichaient un taux de remplissage de 24,8% seulement, contre 38,8% il y a exactement un an de cela.

Du côté des ressources souterraines, le constat est tout aussi alarmant. Selon des informations fournies par le ministère de l’Equipement et de l’Eau, la majorité des nappes d’eau souterraines connaissent des problèmes de surexploitation. Les bilans établis pour les principales nappes montrent que le volume d’eau souterraine prélevée en année moyenne (5 milliards de m³) dépasse les ressources exploitables, soit une surexploitation de l’ordre de 1,1 milliard de m³ par an.

Problèmes de surexploitation
Comparativement au reste du monde, l’eau au Maroc est un bien plutôt rare et marqué par une grande variabilité dans le temps et l’espace. Les ressources en eau naturelles renouvelables dont dispose le pays avoisinent actuellement les 650 m³ par habitant par an et sont de ce fait en deçà du seuil de 1000 m³ par habitant par an, communément admis comme seuil critique de pénurie d’eau. Pour les experts, la sécheresse que subit actuellement le Maroc est loin d’être un phénomène conjoncturel, mais plutôt structurel qui mérite d’être pris à bras le corps par les pouvoirs publics et toutes les composantes de la société marocaine.

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