Lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes de troubles mentaux

Le ministère de la santé en croisade contre les préjugés

D’après le ministère de la Santé, les stigmatisations les plus pénibles sont celles émanant des proches et membres de famille des personnes atteintes de troubles mentaux. Des attitudes qui ne font qu’aggraver leur situation.

“Le trouble mental est un état de santé… la dignité et les droits pour vous et moi”. C’est le slogan choisi par le ministère de la Santé et de la protection sociale dans le cadre de sa présente campagne nationale de lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes de troubles mentaux, qui se déroule du 10 au 17 octobre. Cette sensibilisation vise à «promouvoir les droits de ces personnes, à démanteler les préjugés associés à leurs troubles et à sensibiliser les proches, les familles, et la société à l’importance de les accompagner pour parvenir à leur rétablissement», précise un communiqué du ministère.

C’est un secret de polichinelle. Les personnes atteintes de troubles mentaux sont stigmatisées par la société et victimes de préjugés et vivent dans des conditions précaires, la plupart du temps dans des environnements insalubres. Autant d’attitudes qui ne font qu’aggraver leur situation. «Des enquêtes ont montré que les attitudes sociales négatives envers les personnes atteintes de troubles mentaux constituent des obstacles à leur accès rapide au traitement», reconnait-il, non sans préciser que «l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que plus de 50% des personnes atteintes de troubles graves ne reçoivent aucun traitement». L’OMS considère d’ailleurs la lutte contre cette stigmatisation comme un des axes principaux pour améliorer leur santé mentale.

Plus de 40% des marocains touchés
Outre leur état sanitaire, ces comportements négatifs à leur égard «affectent négativement leur famille et relations sociales et entravent leur réinsertion», constate le département de la nouvelle ministre, Nabila Rmili. A l’en croire, les stigmatisations les plus pénibles sont celles émanant de leurs proches et des membres de la famille. «L’environnement familial est un pilier essentiel afin de faciliter le rétablissement», suggère le ministère.

De nombreux Marocains développent des troubles mentaux. Plus de 40% en souffraient en 2018, selon des statistiques du ministère de la Santé. Leur prise en charge reste un défi majeur pour les autorités sanitaires. Le Royaume ne dispose que de 2.225 lits répartis entre 34 établissements qui offrent des traitements en psychiatrie et en addiction, soit 0,7 lit pour 100.000 personnes, alors que l’Oms recommande un lit pour 10.000 personnes, d’après l’Association marocaine pour l’appui, le lien, l’initiation des familles des personnes souffrant de troubles psychiques (Amali). Les spécialistes aussi semblent manquer, avec seulement 306 psychiatres dans les secteurs public et privé.