DERNIÈRES STATISTIQUES MONÉTAIRES DE BANK AL MAGHRIB

LE CASH EXPLOSE

Fin mai 2020, la circulation fiduciaire a atteint 289,6 milliards de dirhams, selon les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. Un montant en hausse de 15,7% depuis le début de l’année (+39,4 milliards) et de 20,4% par rapport à fin mai 2019 (+49 milliards). Et ce, à un moment où les dépôts bancaires font quasiment du surplace depuis le début de l’année (+0,5%). À peine 4,6 milliards de dirhams sont venus s’ajouter à l’encours qui s’établit à fin mai à 953,2 milliards de dirhams.

Rappelons que les sorties de cash du système bancaire ne constituent pas un phénomène nouveau, puisque la tendance est là depuis plusieurs années. Mais elle s’est accélérée en 2019 avec la crainte de la part des opérateurs économiques de subir davantage de contrôles de la part de l’administration fiscale. Avec la crise sanitaire et économique, l’état d’urgence et le confinement, les sorties de cash sont devenues encore plus massives. Les différentes amnisties et opérations de régularisation, adoptées par le gouvernement dans la loi de finances 2020 pour rétablir la confiance, ont été inopérantes dans ce contexte particulier qui a, au contraire, aggravé la situation. Pour certains observateurs et experts, ces mesures sont devenues caduques et il y a urgence de les ajuster ou d’en adopter d’autres plus radicales, comme une prescription fiscale anticipée.

En attendant, ce problème de sorties de cash pèse lourd sur le système bancaire. La trésorerie des banques, déjà déficitaire, en souffre, ce qui contraint Bank Al-Maghrib à accroitre ses refinancements qui, malgré la baisse du taux directeur, ont quand même un coût. Sachant que les banques font face à une forte demande de crédits, émanant surtout des entreprises qui ont besoin de relancer leurs activités après la période de confinement, et qu’elles sont appelées à faire un effort en matière de distribution de crédits, cette situation devient très problématique car elles doivent trouver des sources de financement par tous les moyens (augmentations de capital, emprunts obligataires, suspension de la distribution des dividendes…).

Cette problématique devrait par ailleurs pousser les parties prenantes a accélérer le déploiement du paiement mobile qui peut contribuer à réduire la circulation du cash. Même si le système est opérationnel et les opérateurs ont lancé leurs solutions, l’écosystème demeure incomplet sans l’implication des commerçants. Ces derniers craignant la traçabilité des transactions, ont plus que jamais besoin de garanties et d’incitations fortes pour adhérer au système du paiement mobile.


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