QUAND LA STAGNATION GUETTE L'ÉCONOMIE

LA RÉFLEXION SUR UN NOUVEAU MODÈLE DE CROISSANCE NE PEUT FAIRE FI D’UN CONTEXTE MONDIAL EN PERPÉTUEL CHANGEMENT.

À un moment où les inégalités économiques et sociales sont de plus en plus dénoncées à travers le monde, la croissance économique, dont certains croyaient qu’elle allait résoudre ces inégalités, se fait de plus en plus timide, aussi bien chez nous que dans les pays considérés hier comme émergents. Avec la crise financière et les dérèglements de l’économie mondiale qui en découlent, tout le monde redoute que les prochaines années ne soient marquées par une longue période de stagnation. Avec cette crise structurelle, presque tous les modèles de croissance ont fini par atteindre leurs limites. Ce qui a poussé plusieurs pays à ouvrir un débat sur le modèle de croissance. Ainsi, en France, dès 2009, la commission Stiglitz s’est penchée sur le principal indicateur utilisé pour la mesure de la croissance: le produit intérieur brut (PIB) et en a conclu qu’une révision de cet outil était indispensable.

La quête d’une «nouvelle» croissance semble ainsi peu à peu s’imposer comme un impératif, en particulier dans les pays industrialisés. Quelle forme doit–elle prendre? Comment faire pour qu’elle soit plus équitable et plus durable? Elle s’impose aussi chez nous puisque la nouvelle commission, dont le président vient d’être nommé par le Souverain, va se pencher sur le nouveau modèle de développement à mettre en place pour les prochaines décennies. Saura-t-elle sortir des sentiers battus de la forme «classique» de croissance et poser les jalons d’une croissance renouvelée? Seul l’avenir nous le dira.

Ce qui est sûr, c’est que, pour une économie comme la nôtre, qui se veut ouverte sur l’international, cette réflexion sur la nouvelle croissance ne peut faire fi d’un contexte économique et géopolitique mondial en perpétuel changement. Nous ne sommes plus à l’ère de la mondialisation «heureuse». Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également par les acteurs économiques, entrepreneurs et banquiers, pour qui elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre. Certes, les avis concernant le processus de mondialisation sont bien partagés. Si certains habitants, notamment des pays riches, pensent que mondialisation accroît les inégalités, d’autres pensent qu’elle offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

N’empêche que certains experts n’en avancent pas moins quatre raisons pour lesquelles la globalisation continue à faire peur. Elle est instable: ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale: sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande.


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