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La stabilité sociale mise à rude épreuve

Répercussions de la guerre en ukraine sur les prix des denrées alimentaires

L’instabilité sociale au Maroc, comme dans le reste du monde arabe, est corrélée à la hausse des prix des denrées alimentaires. La tendance haussière se poursuivra. Un risque à prendre au sérieux.

Le spectre d’une instabilité sociale et politique plane-t-il sur le Maroc à cause de l’inflation des prix des denrées alimentaires? A en croire les conclusions d’une étude sur les répercussions de la guerre en Ukraine sur les pays de la région MENA réalisée par l’agence de notation américaine S&P Global Rating, diffusée le 31 mai 2022, le risque existe et il deviendra encore plus pesant dans le futur proche.

Si pour l’heure l’impact de l’accroissement des prix sur les marchés internationaux sur le pouvoir d’achat des citoyens est devenu peu supportable, rien ne garantit leur réaction compte tenu de la hausse continue des prix à la consommation des denrées alimentaires. Quelle que soit la durée de la guerre en Ukraine, les risques d’inflation alimentaire pour 2023 augmentent déjà en raison des pénuries d’engrais et de la perturbation des semis en Ukraine, certifient les analystes de l’agence de notation américaine. Les sanctions contre la Russie et la Biélorussie ont également continué à exercer une pression sur les prix des engrais, car les deux pays sont des fournisseurs mondiaux clés, ce qui a fait grimper les prix des denrées alimentaires.

Sauvegarder la stabilité sociale
L’instabilité politique et sociale dans la région, comme le note S&P Global, a toujours été corrélée à la hausse des prix des denrées alimentaires. Les exemples incluent les émeutes du pain en Égypte et au Maroc en 1977 et 1984, les manifestations de 1989 en Jordanie et les bouleversements de 2008 dans la région. Le printemps arabe de 2011 a également coïncidé avec de fortes hausses des prix des denrées alimentaires.

La facture énergétique du Maroc par rapport au PIB est l’une des plus importantes parmi les cinq pays de la région MENA, soulignet- on. Cependant, l’importante exportation de phosphate compensera partiellement le coût de la hausse des prix de l’énergie. Le Royaume fait partie de cinq pays (aux côtés de l’Égypte, la Jordanie, le Liban et la Tunisie) qui seront les plus touchés par les retombées de la guerre en Ukraine compte tenu de leur dépendance à l’égard des exportations russes, ukrainiennes d’énergie et de produits alimentaires, selon un nouveau rapport.

En outre, S&P Global Rating prévoit que les cinq pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord seront enfermés dans le feu croisé du conflit, leurs importations alimentaires et énergétiques représentant entre 4% et 17% de leur PIB. Cette étude est une aubaine. Cela dépend si l’on voit la moitié vide ou la moitié pleine du verre. Nos faiblesses peuvent devenir des forces.

On n’en serait pas là si on avait fixé comme objectif premier de la stratégie agricole une autosuffisance en céréales au lieu de se focaliser sur la diversification et l’augmentation de la production des fruits notamment afin de renforcer les exportations. Le gouvernement est contraint de juguler les incidences de l’inflation alimentaire mondiale sur le plan intérieur. Il devra encore soutenir les ménages vulnérables, quitte à imposer un impôt sur la fortune pour renflouer les caisses de l’Etat. La stabilité sociale et politique devra être son principal souci.

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