LE SPECTRE DE LA DIVISION PLANE SUR LE PJD

A LA SUITE D’UN CONSEIL NATIONAL HOULEUX

Dissidences, gels d’adhésion et démissions. Le monopole des décisions par la direction du parti et la reprise des relations diplomatiques avec Israël, entre autres, divisent les rangs du PJD à quelques encablures des élections législatives de 2021.

La reprise des relations diplomatiques avec Israël continue de nourrir les dissidences au sein du parti au pouvoir, le PJD. En témoigne la réunion ordinaire de son conseil national tenue samedi et dimanche 23 et 24 janvier 2021 par visioconférence. En vérité, cette réunion n’avait rien d’ordinaire.

Elle était plutôt houleuse et tumultueuse, en ce sens où des personnalités de la première ligne, des membres du conseil national, ont présenté leur démission. C’est le cas de Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca. De son côté, l’un des fondateurs du parti et ses idéologues les plus en vue, Abouzaid El Mokrie El Idrissi, a gelé son adhésion. La décision de ce dernier, qui pèse lourd dans ce parti à référentiel islamiste, peut créer des émules au sein de la base mais aussi au sein même du conseil national.

Les protestions de plusieurs militants et dirigeants de cette formation politique ont fusé de toutes parts lors de cette réunion à cause de la position jugée contraire à la pensée fondatrice du parti s’agissant de signer les accords avec l’Etat hébreu. Pour les mécontents, cette décision va aux antipodes de la pensée fondatrice du parti.

Ils ont appelé à mettre fin à toutes sortes de «normalisation secrète ou déclarée » avec Israël sachant que le parti n’a jamais caché sa proximité avec le Hamas palestinien et le mouvement des Frères musulmans.

Ils ont reproché à Saâd Eddine El Othmani, Secrétaire général du parti, d’avoir pris cette décision sans se référer au conseil national, comme le stipule le règlement intérieur du parti. Petit rappel, le 22 décembre 2020, El Othmani a signé, en sa qualité de Chef du gouvernement, la déclaration conjointe avec des représentants d’Israël et des États-Unis pour officialiser le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l’État juif.

Travail accompli
Depuis, le mécontentement gronde, car la nouvelle attitude du PJD à l’égard d’Israël a été prise par son secrétariat sans compter sur l’Assemblée nationale (le parlement du parti). Tout compte fait, El Othmani s’en est bien sorti. Apportant son soutien aux efforts du gouvernement, le conseil national a félicité son secrétaire général pour le travail accompli à la tête de l’Exécutif et a cautionné la décision prise relative à la reprise des relations diplomatiques avec Israël.

Ces derniers mois, une forme de scission baptisée «Initiative de critique et d’évaluation » a vu le jour au sein du parti. Ses membres accusent la direction du PJD de monopoliser les décisions sans se concerter avec les organes du parti et de faire de nombreuses «concessions à l’État».

Ces guerres intestines peuvent coûter cher au PJD à quelques encablures des élections législatives de 2021, lequel parti s’est habitué depuis le 20 février 2011 à occuper les premières positions au scrutin, accaparant actuellement 125 sur 395 sièges au Parlement et dirigeant de grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Tétouan et Tanger.


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