Soutenir les pme pour créer plus d'emplois

Rapport conjoint de la bad, bei et berd sur le secteur privé marocain et le covid

Les trois institutions internationales recommandent au gouvernement de faciliter l’accès au financement aux PME, particulièrement celles gérées par les femmes et par les jeunes, et celles basées dans le milieu rural pour créer plus d’emplois et favoriser l’inclusion financière.

Le secteur privé marocain a été lourdement impacté par la pandémie de Covid-19. Bon nombre d’entreprises ont mis la clé sous le paillasson ou suspendu plusieurs activités pour résister à cette crise sanitaire de grande ampleur.

Quel devrait être le rôle de l’Etat marocain pour favoriser la résilience de ce secteur stratégique dans ce contexte si difficile? C’est la question à laquelle ont essayé de répondre la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans leur rapport intitulé «Développement du secteur privé au Maroc: défis et opportunités en temps de pandémie de Covid-19».

Dans ce document publié le 23 septembre, les trois institutions internationales reconnaissent que les autorités marocaines ont pu prendre des décisions rapides qui ont permis atténuer les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. Mais, il n’empêche, les défis restent énormes pour panser les plaies du secteur privé occasionnées par cette pandémie, notamment les pertes d’emplois.

Favoriser l’inclusion financière
D’après le rapport, les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent environ 90% du secteur privé marocain ont été affectées par la crise et peinent à investir, à améliorer leur valeur ajoutée et à se développer pour créer des emplois durables. D’où la nécessité de les accompagner dans cette phase très difficile. Pour relever ce défi, Anna Barone, cheffe de la représentation de la Banque européenne d’investissement au Maroc, suggère à l’Etat marocain de faciliter l’accès au financement aux PME, particulièrement celles gérées par les femmes et par les jeunes, et celles basées dans le milieu rural pour créer plus d’emplois.

Outre la création d’emplois, le soutien à cette niche d’entreprises favorisera l’inclusion financière dans les zones rurales, indiquent les experts des trois organisations, qui prônent une meilleure intégration économique et l’ouverture commerciale de ces localités, en y développant l’entrepreneuriat et l’inclusion des femmes, des jeunes et des personnes peu qualifiées. Des projets, qui, selon eux, doivent se réaliser parallèlement au développement des chaînes de valeur locales et au soutien renouvelé dont devrait bénéficier le secteur privé en milieu rural.

Ils recommandent aussi au gouvernement d’accélérer la mise en oeuvre de la «Stratégie nationale d’inclusion financière» en renforçant, notamment, le rôle clé des institutions de microfinance et des sociétés de crédit-bail pour enrichir l’offre d’instruments financiers et permettre aux entreprises de petite taille de financer leurs projets d’investissement. Par ailleurs, ils estiment, qu’en dépit de cette crise sanitaire, le Maroc devrait renouer avec la croissance grâce à la hausse des exportations vers l’Union européenne, une bonne campagne agricole, un retour partiel des touristes et la stabilité des envois de fonds des Marocains résidant à l’étranger.