Soulagement pour les professionnels du septième art

RÉOUVERTURE DES SALLES DE CINÉMA AU MAROC

L’autorisation de réouverture des salles de cinéma a été agréablement accueillie par leurs propriétaires. Clap de fin de quinze mois de calvaire.

Ouf de soulagement pour les professionnels septième art. L’autorisation de réouverture des trente salles de cinéma sonnent comme réponse positive à leur doléance maintes fois ressassée. Une mesure salutaire qui met fin à quinze mois de galère. Al Hosain Boudih, président de la Chambre marocaine des salles de cinéma (CMSC), s’en réjouit.

«Nous saluons cette décision du gouvernement de rouvrir les salles de cinéma. Cela fait quinze mois que nous n’avons reçu aucun dirham dans notre trésorerie. Une situation catastrophique pour les professionnels du secteur», nous confie-t-il, non sans préciser qu’ils auraient préféré «être avisés quelques jours auparavant pour mieux préparer la reprise des activités après plusieurs mois d’arrêt».

Bonne nouvelle pour ces exploitants, mais aussi pour les passionnés de cinéma. Ces derniers devront tout de même patienter encore quelques jours, puisque les grandes salles ne rouvriront leurs portes qu’à partir du 9 juin, le temps de nettoyer les lieux, de ramener les employés et de sélectionner les films à diffuser.

«Plusieurs salles proposeront d’abord la diffusion de vingt films marocains qui sont actuellement disponibles en grand nombre, avant d’intégrer les films européens et américains quinze jours plus tard. Le public pourra découvrir ces nouvelles productions sorties en 2020 mais qui n’ont pas été projetées dans les écrans à cause de la fermeture des salles de cinéma », explique M. Boudih.

Convaincre le public
Rouvrir les salles de cinéma est une chose, convaincre le public de les remplir en est une autre. Un jeu de séduction qui en vaut la chandelle, surtout auprès des sceptiques qui rechignent à fréquenter ces lieux fermés depuis l’avènement de la pandémie de Covid-19. «Chaque salle de cinéma de la Chambre déploie son propre modèle. Personnellement, je prévois de vendre un billet pour deux personnes afin d’attirer la clientèle et leur permettre de payer 30 dirhams au lieu de 60 dirhams», affirme ce propriétaire de trois grandes salles de cinéma à Tétouan.

Il a également développé une autre stratégie pour aiguiser la curiosité des riverains. «J’ai rallumé l’extérieur des salles et exposé sur l’esplanade un écran de 6m où je passe en boucle la publicité sur les prochains films qui seront diffusés pour informer les passants de la reprise de nos activités».

Les salles sont autorisées à accueillir 50% de leur capacité afin de respecter les mesures de distanciation. «Difficile à respecter dans ces espaces très fréquentés, mais nous ferons de notre mieux pour nous y conformer », promet Al Hosain Boudih, qui avait précédemment révélé dans nos colonnes, mi-avril dernier, que les salles de cinéma moyennes avaient perdu entre 400.000 et 500.000 dirhams de recettes annuelles à cause de la mesure de fermeture édictée par les autorités. Une disette financière qui a plus impacté les grands complexes comme Megarama et CinéAtlas, qui ont enregistré des pertes de plus d’un million de dirhams.