Le Soufisme en réel et en virtuel

Quatorzième édition du festival de la culture soufie de fès sous le thème : «voyage sur les hauts lieux du Soufisme»

Être soufi aujourd’hui est une façon d’être présent dans le monde tout en étant ou en cherchant à être dans une dimension d’intériorité”. Faouzi Skali, fondateur et président du Festival de Fès de la culture soufie

Une communauté internationale de plus en plus importante s’est constituée autour de ce projet d’exploration du patrimoine culturel du soufisme à travers ses diverses expressions et lieux dans le monde. Il est remarquable que depuis des siècles ce patrimoine est déjà de fait un réseau humain et culturel d’une très grande richesse. La superposition du réseau réel et digital s’avère de ce point de vue particulièrement fructueuse.

Une mise en contact des personnes et des événements qui se situent dans différents points du globe. Une sorte de voyage jusqu’à toutes ces personnes pour découvrir la richesse de «hauts lieux», comme cela est exprimé dans le thème de la quatorzième édition du festival de la culture soufie de Fès. C’est ce qu’exprime l’affiche choisie, basée sur un manuscrit ancien et retravaillée dans la perspective d’un voyage réel et virtuel, comme le souligne le fondateur et le président du festival de la culture soufie, Faouzi Skali, dans un entretien publié tout récemment dans le journal Le Matin du Sahara.

Mutation technologique
Pour Faouzi Skali, «le virtuel n’est autre qu’un outil qui, en tant que moyen, permet une exploration de la culture et du patrimoine d’une manière très féconde». Et d’ajouter «la mutation technologique actuelle nous introduit dans une nouvelle ère de civilisation. Mais rien n’est joué à l’avance. Celle-ci peut être celle du transhumanisme qui finira pour nous déposséder de ce que nous avons de plus précieux et sacré en tant qu’humains.

Ou, au contraire, être au service d’un humanisme spirituel qu’il nous appartiendra de cultiver collectivement». Cette utilisation du virtuel a, notamment, donné lieu cette année, à la mise en place de masters class sur une plateforme virtuelle. «Nous avons pu ainsi avoir le privilège de recevoir la transmission d’oeuvres majeures du soufisme par des personnes particulièrement qualifiées pour cela.

«Le Cantique des Oiseaux» par Leili Anvar ou le «Mathnawi» de Rumi par Kudsi Erguner pour ne donner que ces exemples. Un très grand nombre de personnes ont adhéré à la plateforme Sufi Heritage et ont ainsi accès à ces enseignements qu’ils peuvent aussi consulter en rediffusion». Le succès de cette plateforme Sufi Heritage a conduit naturellement Faouzi Skali et sa fine équipe, à mettre en place le projet de la «Bibliothèque vivante des oeuvres universelles » (https://festivalculturesoufie.com/tickets-adhesions/).

Avec le souhait, dit-il, de voir «s’élargir cette expérience non pas seulement au patrimoine de la culture soufi, qui est considérable, mais aussi aux grandes oeuvres du patrimoine universel de l’humanité qui sont devenues dans leur forme écrite classique difficilement accessibles pour la plupart de nos contemporains».