Le Soufisme au féminin

SIXIÈME ÉDITION DE "MAJLIS AL MAHABA"

Plonger dans le patrimoine et l’enseignement soufi, la mystique de l’islam, permet d’envisager le statut de la femme en islam sous un autre jour.

“Le Féminin dans l’amour soufi”, telle est la thématique discutée, le 20 février 2020, dans le cadre des jeudis de la Culture, le Féminin au pluriel, toujours fidèle au concept de feu Fatima Mernissi. Et ce avec la collaboration du ministère de la Culture et la Revue Sayidati. L’annuel Majlis Al Mahaba s’est, en effet, distingué, par la présence, aux côtés de l’écrivain et docteur en anthropologie, ethnologie et sciences des religions Faouzi Skali, du professeur universitaire en littérature française et comparée Soraya Sbihi, le professeur universitaire en sciences politiques et relations internationales Abdellah Abou Awad, la spécialiste du dialogue inter-religieux et interculturel, des recherches et des études futuristes Mariam Ayt Ahmad Ou Ali et la chanteuse, actrice et animatrice Fatine Hilal Bik.

Allant à l’encontre d’une image de la femme dans l’islam souvent dégradée par des pratiques séculaires, toujours d’actualité dans certains pays, les éminents intervenants ont mis en exergue l’importance de l’amour dans la vie, en général, et chez les femmes, en particulier, allant jusqu’à l’amour soufi. Un sujet qui, selon la directrice du Bureau de Rabat de Saydati et modératrice du Forum, Samira Maghdad, soulève une certaine controverse parmi les personnes intéressées.

Une expérience subjective
Ainsi, tout en puisant dans un riche patrimoine culturel et spirituel où le féminin est magnifié puisque partie intégrante du divin, Faouzi Skali s’est surtout intéressé à la question de la défense des valeurs humanitaires, qui pourront avoir une influence directe sur la société et le vécu quotidien. Sachant que la femme a, de tout temps, joué un rôle important pour inculquer ces valeurs, prônant l’amour dans tous ses actes.

Prenant la parole, Mariam Ayt Ahmad Ou Ali a notamment focalisé son exposé sur l’amour que donne la femme à tout être, depuis le nouveau-né qu’elle couve et protège jusqu’à l’homme de sa vie. Par ailleurs, Soraya Sbihi a assuré que la femme dans l’Islam prend de plus en plus de place, car en analysant le féminin soufi, on découvre que la femme occupe une place prépondérante.

Pour sa part, Abdellah Abou Awad a insisté sur le fait que «la femme a toujours joué un rôle important dans le soufisme, à travers lequel elle s’est élevée à de glorieuses places du Fiqh. Elle reste une source prolifique d’inspiration et de don».

En outre, la chanteuse Fatine Hilal Bik a participé à cette rencontre en interprétant des morceaux de chants spirituels en relation avec la thématique du Majlis. Et dire que beaucoup de poètes se sont intéressés à la foi en Dieu en la louant dans leurs vers. Mais cette foi, comme l’a souligné Kawtar Dinia dans le mot d’ouverture du Féminin pluriel, a besoin d’être rassurée. Sachant que le soufisme, ajoute-t-elle, «est une expérience spirituelle personnelle, subjective, dont le but est, en transcendant la raison, d’arriver à la Vérité objective».


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