Une sortie de crise libyenne se profile à Tanger

110 DÉPUTÉS LIBYENS EN CONSULTATIONS AU MAROC

Après Skhirat en 2015, Bouznika en septembre et novembre 2020, Tanger abrite depuis le mardi 24 novembre 2020 une réunion consultative de 110 députés de la Chambre des représentants libyenne. Objectif: se concerter sur les prochaines élections et la nomination aux postes de souveraineté.

En voici un nouvel épisode des négociations menées en vue d’une sortie de crise libyenne en terre marocaine depuis 2015. Etablir l’ordre du jour d’une session officielle de la Chambre des représentants libyenne qui se tiendra prochainement, afin d’aborder les prochaines élections et de renforcer le consensus sur la nomination aux postes de souveraineté, tels sont les objectifs des consultations, entamées mardi 24 novembre 2020, à Tanger, en présence du ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, et du représentant de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul).

Cette réunion a un lien étroit avec les négociations d’octobre et de septembre derniers qui ont jeté les bases d’un terrain d’entente entre les protagonistes libyens et a rappelé à la communauté internationale qu’il constitue une suite à l’Accord politique conclu en décembre 2015, prélude à toute solution à la crise libyenne. Petit rappel, à l’issue de pourparlers marathoniens entre la délégation du Haut conseil d’Etat et celle de la Chambre des représentants, les deux parties sont parvenues, mardi 6 octobre 2020, à des accords globaux sur les critères et les mécanismes pour occuper les postes de souveraineté, prévus par l’article 15 de l’accord de Skhirat.

S’exprimant lors de l’ouverture officielle de cette réunion consultative, dans une allocution au nom des députés présents à la réunion, le député libyen Ahmed Chalhoub a présenté ses vifs remerciements au Royaume du Maroc, Roi, gouvernement, parlement et peuple, pour les efforts qu’il déploie pour résoudre la crise politique en Libye, soulignant que cette réunion consultative, qui fait suite à l’invitation du Parlement marocain, vise à «rapprocher les points de vue des membres de la Chambre des représentants, vu que les conditions en Libye les ont empêchés de se réunir».

Crise politique Si la diplomatie marocaine a toujours cherché à éclairer le chemin des protagonistes sur la voie d’une entente définitive, en adoptant une position constructive basée sur une neutralité positive et destinée à aider les Libyens à dépasser toutes les difficultés, d’autres parties étrangères tentent toujours d’avorter les efforts du Royaume. C’est ce qui retarde le processus politique engagé depuis 2015, sous la houlette des Nations-Unies.

Et c’est ce qui a fait dire à M. Bourita en octobre dernier que «le Maroc a toujours affirmé que le problème de la Libye était l’ingérence extérieure». Les interférences étrangères appuient, dans la discrétion ou publiquement, soit le Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli, reconnu par l’ONU, ou le pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est soutenu par une partie du Parlement élu. Des positions avec des intérêts divergents qui font perdurer le chaos dans lequel le pays baigne, depuis le soulèvement appuyé par l’Otan ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.


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