Le sort incertain des étudiants marocains en Ukraine

Abdellatif Miraoui à la rescousse

Le ministère de l’Enseignement supérieur sonne la mobilisation générale. En cours d’élaboration, le plan Marshall de Abdellatif Miraoui visant à intégrer les étudiants marocains fuyant la guerre en Ukraine dans les universités marocaines sera mis à l’épreuve.

Les étudiants marocains en Ukraine ne sont pas au bout de leurs peines. Après avoir bravé la mort et fui la guerre qui a mis fin à leurs projets d’études, ils font face à une nouvelle situation d’incertitude, encore plus angoissante que jamais, liée à leur avenir. La plupart des universités ukrainiennes étant bombardées par l’armée russe, les 8.800 étudiants marocains ont été informés de la suspension sine die de leurs études.

Leur horizon était bouché jusqu’à ce que le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui leur miroite, le vendredi 4 mars 2022, une grande lueur d’espoir, en leur promettant de les intégrer dans les universités marocaines, chacun selon sa spécialité ou encore de les aider à intégrer un des systèmes d’enseignement des pays limitrophes à l’Ukraine qui soit similaire à celui de ce dernier.

Pour l’heure, aucune information ne filtre au sujet de la démarche qui sera poursuivie. Que ce soit au niveau des différentes universités ou au niveau du département de l’Enseignement supérieur, les détails du plan Marshal de Abdellatif Miraoui demeurent la grande inconnue. Près de 5.000 étudiants sur un total de 8.800 ont déjà saisi leurs données sur la plateforme disponible via le lien enssup.gov. ma/en/etudiants-ukraine, selon Mohamed Tahiri, directeur de l’Enseignement supérieur. Cette plateforme est destinée à recenser les étudiants aussi bien les rapatriés que ceux qui sont toujours coincés dans le territoire ukrainien ou dans les pays voisins.

Une initiative louable
«Pour l’heure, nous attendons que le reste des étudiants renseignent les données requises sur la plateforme numérique qui leur est dédié. Ensuite, nous nous attellerons à analyser les données afin de réfléchir au mieux aux solutions adéquates, en nous concertant, bien entendu, avec les doyens des universités. Deux pistes seront étudiées: les intégrer dans le système d’enseignement national en tenant compte des capacités linguistiques des uns et des autres ou les accompagner à intégrer un système d’enseignement des pays limitrophes à l’Ukraine comme l’a d’ailleurs déclaré M. le ministre», nous confie M. Tahiri. Pour le moment, les inscriptions se poursuivent. Près de 3.800 étudiants, dont une partie se démènent pour quitter l’Ukraine via des pays frontaliers comme la Pologne, la Roumanie ou la Slovaquie, ne se sont pas encore inscrits sur cette plateforme numérique.

La majorité des étudiants marocains concernés par cette initiative louable du ministère de l’Enseignement supérieur poursuivaient leurs études en médecine et en pharmacie, ou encore en architecture, des branches en vogue en Ukraine. Un pays de l’Europe de l’Est historiquement réputé pour prodiguer un enseignement de qualité, notamment en médecine et en pharmacie mais aussi pour ses frais de scolarité moins élevés que les pays de l’Europe de l’Ouest. L’intégration des étudiants dans les universités marocaines demeure un grand défi pour le ministère de tutelle.

La capacité d’accueil des universités permet-elle de les réintégrer tous? Quel sera et comment sera déployé le plan Marshall de Abdellatif Miraoui? Réussira- t-il son plan de sauvetage? Autant d’interrogations auxquelles le ministère est appelé à apporter des réponses, dans les jours à venir.

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