Le sommet arabe reporté : Un camouflet pour Alger

En dépit de tous ses efforts, le régime algérien n’a pu empêcher le report du prochain sommet de la Ligue arabe. Mais c’est à lui-même qu’il doit s’en prendre pour cela.

Ce n’est pas le fil de l’Algérie presse service (APS), l’agence officielle algérienne, qu’il faut consulter pour apprendre que le prochain sommet de la Ligue arabe que devait accueillir en mars 2022 Alger a été reporté. On y trouve seulement une dépêche rapportant le propos très diplomatique du secrétaire général adjoint et directeur du bureau du secrétaire général de l’organisation panarabe, Houssam Zaki, se félicitant au terme d’une visite officielle dans la capitale algérienne du fait que la voisine de l’Est avait “mobilisé des moyens importants”.

C’est à peine si, à sa toute fin, ladite dépêche indique que la date “n’avait pas encore été fixée et qu’elle était soumise à des concertations entre l’Algérie et le secrétaire général de la Ligue arabe (Ahmed Aboul Gheit, ndlr) pour choisir une date convenant à toutes les parties et garantir une large participation de chefs arabes”.

Comme s’il n’y avait pas de date qui avait déjà été établie auparavant, et en plus l’APS avance le prétexte de “la conjoncture sanitaire dictée par la pandémie Covid- 19 qui exige des mesures préventives”. Sauf que personne n’est dupe: la vraie raison, elle est plutôt à chercher dans l’utilisation que le régime algérien veut faire pour promouvoir ses propres agendas, notamment ceux hostiles au Maroc et à son intégrité territoriale.

En effet, Alger ne fait pas mystère de son intention d’offrir dans le cadre du sommet une tribune au mouvement du Front Polisario, qui réclame la séparation de la région du Sahara marocain.

Appréhension
Ce à quoi la Ligue arabe avait indirectement répondu en appelant à l’adoption d’une carte unifiée incluant les provinces du Sud comme partie intégrante du Maroc. Mais quand bien même, l’appréhension reste de mise chez les chefs d’État arabes, pas chauds de se retrouver mêlés à la querelle que mène l’Algérie au Royaume.

Ce qu’ils ont fait comprendre à cette dernière, qui dès lors a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans certaines des capitales arabes qui comptent le plus, à savoir Riyad, en Arabie saoudite, Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, et Le Caire, en Egypte, pour tenter de renverser la vapeur. Mais sans succès.

Pour l’heure, on sait que le sommet arabe se tiendra au plus tôt après le mois du Ramadan, mais en l’état il est tout de même permis de douter qu’il puisse jamais avoir lieu. A moins que l’Algérie mette de l’eau dans son vin, ce dont on peut, raisonnablement, fortement douter.