Sommet arabe: La mauvaise posture d'Alger

En raison de sa guerre des mots contre le Maroc, la capitale algérienne a mis en péril l’organisation de la prochaine réunion des chefs d’État arabes qu’elle doit accueillir en mars 2022.

Depuis le 11 janvier 2022, le ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, est en tournée dans le monde arabe. Il a commencé par visiter l’Arabie saoudite, où il a été reçu par son homologue Faisal ben Farhan; avant de se rendre après quatre jours aux Emirats arabes unis, dont il a également rencontré le chef de la diplomatie, Abdallah ben Zayed, mais aussi le vice-Premier ministre et ministre des Affaires présidentielles, Mansour ben Zayed; puis, le 16 janvier 2022, il a atterri en Egypte, s’y entretenant le même jour avec le ministre des Affaires étrangères égyptien, Sameh Choukri.

Un activisme diplomatique on ne peut plus normal en apparence, dans la mesure où l’Algérie doit accueillir en mars 2022 le prochain sommet de la Ligue arabe. Mais ce qu’il faut dire, et cela les médias algériens se retiennent bien de le préciser dans leur couverture plus que dithyrambique de la tournée, c’est que celle-ci semble d’abord motivée par une urgence: celle que le sommet arabe ne soit pas boycotté par les chefs d’États de la région.

Car le bruit court que de nombreux dirigeants arabes, notamment ceux des pays du Golfe mais pas seulement, pourraient manquer à l’appel. Chose qui ne serait principalement pas étrangère à la guerre des mots que mène, depuis décembre 2019 et l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la présidence, l’Algérie à l’encontre du Maroc et qui est allée jusqu’à la rupture, le 24 août 2021, des relations bilatérales, sous le prétexte spécieux d’une main marocaine dans les incendies ayant frappé la Kabylie au cours de l’été.

Propagande algérienne
En effet, les dirigeants en question ne voudraient pas, selon différentes sources, s’y trouver mêlés, d’autant plus que la voisine de l’Est a dans l’idée, on le sait, d’user du sommet arabe pour dénoncer un soi-disant complot sioniste mené, à partir du Royaume, à son encontre, et cela à la lumière du rétablissement des relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv acté en décembre 2020.

Or il se trouve qu’il y a d’autres pays arabes en dehors du Maroc, à commencer par les Émirats mais aussi Bahreïn, le Soudan et encore bien d’autres sous le boisseau, qui ont également “normalisé” leurs relations avec l’État hébreu; ce qui fait que le discours de propagande algérien les met tout autant en porteà- faux.

Par ailleurs, une opposition profonde demeure face aux velléités d’Alger de vouloir instrumentaliser, en général comme en particulier au cours du sommet arabe, la cause palestinienne pour en faire l’égal du projet de séparation du Sahara marocain qu’elle mène par mouvement du Front Polisario interposé, et cela a été manifeste à travers la demande de la Ligue arabe d’adopter une carte unie du monde arabe faisant des provinces du Sud une partie intégrante du Maroc.

Au même égard, on peut ajouter la position, saluée d’ailleurs dans la foulée par le roi Mohammed VI, de la dernière réunion du conseil suprême du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en faveur de la marocanité de ces provinces. Au lieu donc de se donner la peine de dépêcher son ministre des Affaires étrangères ici et là, l’Algérie serait sans doute mieux inspirée de revenir à la raison et, en l’espèce, de se plier au consensus arabe sur l’intégrité territoriale du Maroc.