Un complexe solaire et éolien qui reliera le Maroc au Royaume-Uni

Le projet gigantesque de l’entreprise Xlinks

Cette centrale, qui couvrira une superficie d’environ 1.500 km2, devrait générer 10,5 Gigawatts (GW) d’électricité produite par le solaire et l’éolien afin de fournir 3,6 GW d’énergie aux foyers britanniques.

Construire un complexe énergétique alimenté par le solaire et l’éolien au Maroc et revendre l’électricité produite au Royaume-Uni via des câbles marins, c’est l’ambition de la société britannique Xlinks. L’entreprise, qui avait entamé depuis plusieurs mois des pourparlers avec le gouvernement marocain pour le choix des sites et l’obtention des permis d’exploitation, semble avancer à grands pas dans la réalisation de ce projet gigantesque.

Elle révèle que la plateforme sera construite à Guelmim-Oued Noun, au Sud du Maroc, région riche en énergie renouvelable. «Le projet électrique Xlinks Maroc-Royaume-Uni sera une nouvelle installation de production d’électricité entièrement alimentée par l’énergie solaire et éolienne combinée à une installation de stockage de batteries», indique l’énergéticien anglais sur son site, tout en précisant que cette centrale «sera exclusivement connectée à la Grande-Bretagne via des câbles sous-marins HVDC de 3800 km».

Cette centrale, qui couvrira une superficie d’environ 1.500 km2, devrait générer 10,5 Gigawatts (GW) d’électricité produits par solaire et l’éolien afin de fournir 3,6 GW d’énergie «pendant plus de 20 heures en moyenne par jour», indique l’entreprise, qui prévoit d’alimenter plus de 7 millions de foyers britanniques d’ici 2030 grâce à cette énergie propre. «Une fois terminé, le projet sera capable de fournir 8% des besoins en électricité de la Grande-Bretagne ».

Un investissement de 22 milliards de dollars
La question du financement taraudera certainement quelques esprits à la lecture des chiffres dévoilés. Ce qui est d’ailleurs tout à fait compréhensible pour un projet de cette envergure. Il nécessitera un investissement de 22 milliards de dollars, selon l’agence américaine Bloomberg, qui cite son PDG, Simon Morrish. «Le projet est entièrement financé jusqu’à la clôture financière, qui aura lieu en 2023», affirme-t-il, non sans révéler que son entreprise construira au moins deux usines au Royaume-Uni pour fabriquer des câbles nécessaires.

Objectifs, démarrer la pose de ces câbles en 2025 et démarrer les activités durant le premier semestre 2027. Le business model de ce complexe énergétique nous rappelle étrangement celui du fameux tunnel sous-marin ferroviaire Maroc- Espagne. Ce projet, dont les avantages ont été maintes fois vantés par les deux Etats, prévoit de relier les deux pays via Malabata, située dans la région de Tanger et Tarifa par un tunnel dénommé «Afrotunnel» long de 38 km, dont 28 km sous la mer à une profondeur de 475 mètres. Les dernières études de faisabilité avaient été réalisées en 2018 par la Société espagnole d’études pour la communication fixe à travers le détroit de Gibraltar (Secegsa) et les trafics devaient débuter en 2030.

Sauf qu’en 2009, un rapport du Conseil économique et social des Nations Unies avait pointé du doigt la difficulté technique pour sa réalisation et surtout sa viabilité économique. Des réserves qui s’ajoutaient à celles des acteurs de la société civile au Maroc et en Espagne, qui remettaient en cause sa pertinence, car selon eux, il existe déjà une liaison maritime de 30 minutes environ entre les ports Tanger-Med et Algesiras. A neuf ans de l’échéance, ce tunnel n’a toujours pas vu le jour. Le projet de l’entreprise britannique connaitra-t-il le même sort? Wait and see !