La soif menace de nouveau le Royaume

Situation critique des barrages au niveau national

À l’exception de quelques barrages dans le Nord dont le taux de remplissage est supérieur à 50%, la plupart des barrages du Royaume sont à sec. La situation s’annonce plus que jamais dramatique si des solutions urgentes ne sont pas prises.

Le retard des pluies commence à peser sérieusement sur la situation des barrages. Et par conséquent, la soif menace de nouveau les Marocains. En effet, le taux de remplissage moyen, au 7 janvier 2022, est de seulement 34% au niveau national au lieu d’un taux de 37% il y a un an et de 44% il y a deux ans. Dans le Sud du pays, plusieurs barrages importants souffrent d’un manque grave d’eau.

Selon la Direction générale de l’eau, relevant du ministère de l’Équipement, au 7 janvier 2022, les retenues des principaux barrages nationaux se limitent à 5,5 milliards de mètres cubes sur une capacité totale de 16 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage moyen de 34%. Au sud de l’oued Oum Errbei, plusieurs barrages importants sont presque à sec. C’est le cas du barrage Al Massira, dans la province de Settat, le deuxième plus grand du pays, avec une capacité de 2,6 milliards de mètres cubes, qui affiche un taux de remplissage de 7,6%, soit 202,2 millions de mètres cubes.

Le barrage de Bin El Ouidane, d’une capacité de 1,2 milliard de mètres cubes affiche, quant à lui, un taux de remplissage limité de 14%. Dans la région de Souss, région à forte vocation agricole mais néanmoins pénalisée par le manque d’eau, la situation est extrêmement critique. Les retenues en eaux du barrage Abdelmoumen, près de Taroudant, atteignent seulement 5,6%. Le constat est le même pour celui de Mansour Eddahbi (province de Ouarzazate) avec un taux de 17%.

Seuls les barrages dans le Nord présentent une situation bien meilleure. Ainsi, la plupart d’entre eux affichent un taux de remplissage supérieur à 50%. C’est le cas du barrage d’Al Wahda, le plus grand du pays avec une capacité de 3,5 milliards de mètres cubes, situé dans la province de Taounate, qui affiche un taux de remplissage de 51%.

Retard dans la stratégie nationale
C’est le cas aussi de celui de Oued El Makhazine, près de Larache (67%), et du barrage Charif Al Idrissi, dans la province de Tétouan (85%). Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, avait présenté, jeudi 6 janvier 2022, devant le Conseil de gouvernement, les réalisations et les perspectives de la politique de l’eau dans le Royaume.

En constatant le retard enregistré dans la réalisation des projets de la stratégie nationale de l’eau de 2009 et la diminution des apports en eau d’environ 60% pour l’année 2020-2021, le gouvernement a, ainsi, pris des mesures urgentes concernant les bassins de la Moulouya, de l’Oum Er Rbia et du Tensift, qui connaissent une grande pénurie d’eau. C’est dans ce cadre qu’il a été procédé à la signature de conventions de partenariat relatives à ces bassins pour un coût global de plus de 2 milliards de dirhams.

Pour les projets de dessalement de l’eau de mer, qui devront sauver certaines régions fortement impactées par le stress hydrique, ils se feront, autant que faire se peut, en ayant recours aux énergies renouvelables, pour réduire le coût du mètre cube d’eau dessalée.