La société civile amazighe établie à l’étranger en colère contre le gouvernement

MISE EN OEUVRE DE L’OFFICIALITÉ DE L’AMAZIGH

Le plan préliminaire gouvernemental intégré pour la mise en oeuvre de l’officialité de l’amazigh n’inclut pas les Marocains résidant à l’étranger. Une lacune qui a fait réagir un collectif d’associations amazighes établies à l’étranger. Le point avec Hassan Laaguir, Coordinateur de ce collectif.

Les associations amazighes établies à l’étranger appellent le gouvernement à une accélération de la mise en oeuvre de l’officialité de la langue amazighe tout en les impliquant dans ce chantier.

Un collectif d’associations a adressé, le 12 mai 2021, une lettre au Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, en sa qualité de président de la Commission ministérielle permanente chargée d’assurer le suivi et l’évaluation de la mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe. La correspondance vient en réaction au plan préliminaire gouvernemental intégré pour la mise en oeuvre de l’officialité de l’amazigh, conformément à la loi organique 26.16, datée du 25 avril 2021.

Cette loi définit les phases de l’implémentation du caractère officiel de la langue amazighe, les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, ainsi que la proposition de constitution des comités thématiques et permanents. Le collectif est constitué de 27 associations de 8 pays d’Europe et d’Amérique à forte présence de Marocains du monde. Il plaide pour étendre et adapter les dispositions de ce plan sur les champs culturels, éducatifs et administratifs au profit de cette diaspora.

Principaux axes
«A ce jour, notre lettre est restée sans réponse. C’est ainsi qu’il a été décidé de porter son contenu à la connaissance de l’opinion publique. Nous n’avons pas reçu d’accusé de réception et de réponse de la part du Chef du gouvernement et d’autres ministres que nous avons contactés dans ce sens. Nous ne comprenons pas ce mutisme et l’énorme retard pris dans l’officialisation de la langue amazighe. Un retard dû à une absence de volonté politique», nous déclare Hassan Laaguir, coordinateur du Collectif des associations amazighes établies à l’étranger.

Dans sa lettre, le Collectif a émis plusieurs recommandations pour la promotion de l’amazigh et la mise en oeuvre réelle et effective de son caractère officiel. Les propositions concernent 6 principaux axes, à savoir l’enseignement, le champ judiciaire, la culture, la communication, la promotion de la langue et la culture amazighes à l’étranger et dans les ambassades et les consulats.

Parmi ces propositions, la mise en place d’une commission mixte de suivi des différents chantiers intégrant des ressortissants marocains de l’étranger et des représentants de la société civile oeuvrant pour la promotion de la culture amazighe. «Nous avons été écartés de ce chantier, puisque le plan préliminaire gouvernemental intégré pour la mise en oeuvre de l’officialité de l’amazigh n’inclut pas les Marocains résidant à l’étranger, mais nous n’allons pas baisser les bras. Nous continuerons à militer pour que notre cause figure parmi les priorités du gouvernement», conclut M. Laaguir.