UNE SITUATION CATASTROPHIQUE DANS LES UNITÉS DE RÉANIMATION

PLUS DE 80% DES CAS GRAVES À CASABLANCA MEURENT

La réalité médicale dans les unités de réanimation et de soins intensifs dans le CHU Ibnou Rochd de Casablanca est décrite comme chaotique par les médecins. Une situation appelée à empirer si les Casablancais ne s’appliquent pas dans le strict respect des gestes barrières.

Plusieurs jours après la mise en place de nouvelles restrictions à Casablanca, dont la fermeture des écoles, décrétée au soir de la rentrée scolaire, la situation sanitaire ne s’est toujours pas améliorée. Les chiffres sont ainsi têtus et refusent de reculer. Que ce soit le nombre de morts ou celui des nouveaux cas positifs. Au mieux, les contaminations connaissent une évolution en dents de scie avec des baisses timides qui sont suivies sur plusieurs jours par des hausses effroyables.

Les médecins dans les services de réanimation à l’hôpital Ibnou Rochd décrivent une situation chaotique caractérisée par la hausse des cas graves et la saturation de la capacité hospitalière. Ils avancent que plus de 80% des cas graves admis dans les unités de réanimation et de soins intensifs meurent. Une réalité difficile à vivre par les médecins, qui appellent les Casablancais à redoubler de vigilance surtout que le virus continue de se propager à une vitesse incroyable dans la métropole économique.

Selon Professeur Kamal Marhoum El Filali, chef du service des maladies infectieuses au CHU Ibnou Roched, «la situation actuelle que nous vivons est insupportable. Les moyens dont disposent les unités de réanimation avec tout le dispositif médical qui va avec sont insuffisants pour affronter le nombre de cas graves que nous recevons». Il estime que la situation risque d’échapper au contrôle des autorités sanitaires si les Casablancais ne s’appliquent pas à respecter les gestes barrières et à prendre très au sérieux cette maladie particulièrement mortelle.

Si les médecins décrivent une réalité catastrophique dans les hôpitaux de Casablanca, le ministre de la santé, Khalid Aït Taleb, avance, en revanche, que le taux de mortalité est normal et que la situation dans la métropole économique ira mieux dans les prochains jours.

Manque de transparence
Un discours qui peut sembler rassurant pour certains tant que le nombre de morts dans notre pays n’a pas, en vérité, atteint les niveaux élevés enregistrés en Europe et dans plusieurs pays d’Amérique. Mais, pour d’autres, plus inquiets, ce discours peut être vu comme trompeur et dénote probablement le manque de transparence avec lequel le gouvernement communique avec les Marocains. Dans tous les cas, le ministre de la santé est animé par l’ambition d’inverser la tendance sanitaire à Casablanca comme cela s’est passé à Tanger, à Fès et à Meknès, qui ont vu leur situation épidémiologique s’améliorer au fil des jours.

Par la même occasion, les Casablancais guettent le moindre inversement des chiffres pour éviter un éventuel reconfinement dont on parle depuis quelques jours et qui est souvent brandi par les autorités locales pour empêcher une catastrophe sanitaire dans la métropole économique.


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