Les sites français au Maroc seront-ils touchés ?

LA FRANCE RELANCE LE DÉBAT SUR LA RELOCALISATION

L’épidémie de coronavirus a fait prendre conscience aux autorités françaises de la dépendance de la France à l’égard des pays émergents, et surtout de ses conséquences en temps de crise.

Le débat sur les relocalisations des entreprises françaises refait surface. Il survient en pleine présentation par le gouvernement français du très ambitieux plan de relance de 100 milliards d’euros. Un plan historique destiné à sortir l’économie française de la crise dans laquelle elle est plongée à cause de la crise sanitaire.

Le Maroc n’est pas épargné par ce débat puisque le Royaume abrite des majors de l’industrie automobile française comme Peugeot PSA, qui vient d’ouvrir un site de fabrication dans la zone industrielle de Kénitra, et Renault, qui possède deux grands sites de fabrication dans notre pays. Le premier est installé à Casablanca, dans l’emblématique usine Somaca, et le deuxième à Tanger, dont la production est destinée à l’Egypte à plusieurs pays du Moyen Orient.

En France, pays dont l’économie est très fragilisée par la crise sanitaire, l’épidémie de coronavirus a fait prendre conscience de la dépendance de la France à l’égard des pays émergents, et surtout de ses conséquences en temps de crise. Mais le cas de Renault montre cependant que la relocalisation des industries en France est loin d’être gagnée. Le plan annoncé par son PDG, le 29 mai 2020, va plutôt dans le sens d’un renforcement de la délocalisation de la production. Pour sa part, le président français, Emmanuel Macron, ardent défenseur de l’intégration de la France à la mondialisation économique, l’a martelé fin mars: «il nous faut produire davantage en France». «Le jour d’après ne ressemblera pas au jour d’avant, nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne», estime-t-il.

Relocalisation ciblée
Même le Medef, le syndicat patronal, défend l’idée. Dans son plan de relance présenté le 28 mai, il dit vouloir engager une politique de relocalisation ciblée des filières stratégiques en France et en Europe, avec en priorité la santé.

Selon toute vraisemblance, l’Etat français est en train de profiter des faiblesses de Renault pour lui forcer la main et l’amener à décider que l’électrique Renault sera français. Il semble qu’Emmanuel Macron s’apprête à annoncer un objectif d’un million de voitures électriques ou électrifiées fabriqués demain en France. C’est vrai que c’est un assez bon deal, puisque les constructeurs demandent de très importantes aides pour les aider à vendre ces véhicules électriques.

Pour les experts, c’est peut-être le moment pour l’Etat français d’exercer un peu de chantage aux subventions sur les constructeurs implantés à l’étranger. Le Maroc en pâtira-t-il?.


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