SIRCOS, INTELLIGENT ET MAROCAIN

UN NOUVEAU RESPIRATEUR 100% MADE IN MAROC

Avec des moyens purement marocains, une équipe de la FRDISI est parvenue à développer en moins de quatre semaines son propre modèle de respirateur intelligent. Un projet qui a vu le jour grâce à l’appui financier du groupe sucrier Cosumar.

Question recherche et innovation, on ne peut sans doute trouver meilleur interlocuteur au Maroc que Hicham Medromi. Cet expert de renommée internationale, directeur pendant huit ans -de 2011 à 2019- de l’École nationale supérieure d’électricité et mécanique (ENSEM), avait notamment été à l’initiative, au cours de son mandat à la tête de l’établissement casablancais, du Centre de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie, dont les travaux avaient été lancés par le roi Mohammed VI en personne en octobre 2014 et qui est aujourd’hui géré par la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI) présidée par le conseiller royal André Azoulay “himself”.

Une structure dont la mise en place s’est avérée, avec la pandémie actuelle de Covid-19, plus que pertinente, puisqu’on lui doit une partie des dix-septs inventions dues à des Marocains travaillant au Maroc pour aider à lutter contre la pandémie et que le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a fièrement revendiquées ce 11 mai 2020 à la Chambre des représentants: le centre a ainsi servi au développement, au cours des dernières semaines, de masques de protection destinés aussi bien au personnel soignant et aux malades qu’au commun des citoyens ainsi que de respirateurs, dont le dernier, “Sircos”, vient d’être dévoilé aux médias nationaux dans la journée du 8 mai.

Production à grande échelle
Ayant nécessité quelque quatre semaines de travail acharné, ce respirateur a ceci de particulier qu’il est intelligent, dans la mesure où il peut de lui-même déterminer les valeurs de ventilation en termes de volume et en termes de pression adaptés à chaque patient. Mais il est aussi possible de le contrôler, et ce sans même avoir à se déplacer car on peut le faire à distance simplement. De plus, “Sircos” est mobile, ce qui le distingue des prototypes précédemment mis au point par la FRDISI, comme le souligne M. Medromi, à pied d’oeuvre tout au long des dernières semaines pour la conception des inventions précitées.

“Ce n’était pas évident à faire, surtout en raison du confinement qui limite les déplacements et donc le contact et les échanges entre nous, mais Dieu merci grâce à l’implication de toutes et tous nous sommes parvenus à mener à bout le processus,” confie-t-il. Pour réaliser “Sircos”, la FRDISI a notamment pu compter sur la collaboration de l’Université Mohammed-VI des sciences de la santé (UM6SS), mais aussi et surtout sur l’appui financier du groupe sucrier Cosumar, auquel le nom du respirateur rend d’ailleurs hommage: “Sircos” veut tout simplement dire “Système intelligent de respiration Cosumar”.

Ce partenariat avec un opérateur privé n’est, à cet égard, pas inédit de la part la FRDISI, puisque c’est ainsi que celle-ci parvient à financer les bourses de 7.000 dirhams par mois de ses 35 chercheurs. En principe, la mise sur le marché de “Sircos” devrait nécessiter quelques semaines encore, le temps d’effectuer les tests de rigueur. Mais d’ores et déjà, cinq entreprises auraient fait part, selon nos informations, de leur intérêt pour le produire à grande échelle. M. Medromi, qui a lui-même à son actif vingt brevets d’innovation, voit dans la pandémie actuelle l’opportunité idoine pour le Maroc pour se mettre à fond dans la recherche et le développement et "montrer enfin au monde ce que nous valons réellement".

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