SOUS LE SIGNE D’UNE IMPROBABLE REPRISE

PRÉPARATIFS LABORIEUX DU PROJET DE LOI DE FINANCES 2021

Comment faire face à l’équation difficile du financement pour assurer la reprise économique sans changer le cap de la politique budgétaire et monétaire du pays?

La loi de finances rectificative 2020 n’ayant rien apporté en termes de réponses fortes pour contrecarrer les effets de la crise, tous les espoirs restent focalisés sur la prochaine loi de finances 2021. La reprise économique sera–t- elle, alors, au rendez-vous? Rien n’est moins sûr, puisque les signes d’une relance de l’économie, aussi bien au niveau mondial qu’au niveau national, ne pointent guère à l’horizon.

D’abord, «la reprise en 2021 sera moins forte qu’anticipé», estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses perspectives économiques publiées mercredi 16 septembre 2020. Après avoir connu un effondrement sans précédent au premier semestre de cette année, en raison du confinement mis en place pour endiguer la propagation de l’épidémie du coronavirus, la production économique mondiale s’est rapidement redressée à la suite de l’assouplissement des mesures d’endiguement et du redémarrage initial de l’activité, mais la reprise s’est essoufflée dernièrement.

Les opérateurs dans l’attentisme
Néanmoins, à la fin de 2021, nous disent les experts de l’OCDE, la production sera encore inférieure dans de nombreux pays au niveau auquel elle se situait à la fin de 2019, et nettement en deçà des prévisions établies avant la pandémie. Ces «perspectives très incertaines» concernent aussi le Maroc, où il semble que la menace du Covid-19 ne se dissipera pas de sitôt. Les opérateurs économiques, qui sont dans l’attentisme, redoutent plus que jamais la résurgence actuelle de la pandémie, qui pourrait entraîner des mesures d’endiguement plus sévères. Mesures qui pourraient se traduire par une baisse d’activité économique et d’une accentuation du chômage qui est plus que jamais endémique. Et ce, à un moment où «aucune orientation de politique budgétaire ne présage d’un relèvement substantiel d’activités», comme le soulignent les experts du Centre Marocain de Conjoncture (CMC).

Faute d’un retour de confiance, les investisseurs adoptent la devise «attendre et voir». Car, à l’exception des premières semaines de la crise, les réponses du gouvernement semblent en-deça de ce qu’attendent les opérateurs économiques en matière de relance. La dégradation de la situation économique est telle que les recettes budgétaires en baisse n’arrivent pas à faire face à l’accroissement des dépenses publiques. Le déficit budgétaire, s’aggravant de plus en plus, ne laisse aucune marge de manoeuvre pour l’année à venir. Et, ce d’autant plus que la croissance prévue pour 2021 ne sera pas au rendez-vous. C’est pourquoi la loi de Finances 2021, en cours de préparation, devra être bâtie sur de nouvelles hypothèses.

Comment sauvegarder, alors, les entreprises qui existent déjà et, surtout, par quels moyens va-t-on soutenir les ménages? Une équation d’autant plus difficile à résoudre que tous les moyens classiques ont déjà été utilisés pour assurer aussi bien le financement budgétaire que monétaire.


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