Scandale "sexe contre bonnes notes" : Le ministère de l'enseignement supérieur promet des sanctions

Tolérance zéro contre les auteurs de harcèlement sexuel dans les universités. Telle est la position affichée par Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Il l’a fait savoir lundi 24 janvier 2022, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, en affirmant que son département sera intransigeant dans le traitement du dossier du scandale «sexe contre bonnes notes».

«Des cas pareils ne sont pas tolérés, ni à l’université ni au sein de la société dans son ensemble, aussi l’intransigeance et la tolérance doivent être de rigueur», a-t-il indiqué dans une réponse lue en son nom par son collègue Younes Sekkouri, ministre de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, en raison d’une infection au Covid-19. Dans cette déclaration, ce dernier précise que «le département de l’Enseignement supérieur et le gouvernement prennent la question du chantage et du harcèlement à coeur afin de protéger la dignité de l’ensemble de cette communauté universitaire, aussi bien les étudiantes que les enseignants, e manière à éviter tout dérapage à l’avenir».

Pour mieux gérer cette situation, l’ancien président de l’université Cadi Ayyad a annoncé la mise en place d’un comité «où siègent la société civile et les institutions constitutionnelles concernées ainsi que des étudiantes victimes, chargé d’étudier les questions relatives à cette affaire. Le comité mettra tout en oeuvre pour faire face à ce phénomène abject et le régler». Toujours selon lui, «aujourd’hui les victimes et les accusés sont entendus dans le plein respect de l’indépendance de la justice».

Pour rappel, ses scandales sexuels ont principalement éclaboussé les universités de Settat, de Tanger et l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG). Un professeur en sciences économiques à l’université Hassan Ier de Settat, qui était en détention préventive, a d’ailleurs été le premier accusé à être condamné à deux ans de prison ferme le 12 janvier 2022 par la chambre criminelle de la Cour d’appel de la ville pour «attentat à la pudeur, harcèlement sexuel et violences». Le procès d’un autre professeur, enseignant à l’Ecole Fahd de traduction de Tanger, qui a démarré le vendredi 21 janvier 2022, a été reporté au 4 février. Ce dernier a été arrêté après plainte déposée mi-décembre 2021 par une étudiante pour chantage sexuel.