LE SEVRAGE DE LA RENTE N'A PAS D'ÂGE !

LE PJD RÉSISTE À LA SUPPRESSION DE LA RETRAITE DES PARLEMENTAIRES

La politique, aux yeux du PJD et des autres formations politiques, est faite pour garantir une vie facile et sans tracas aux élus et ministres toute leur vie. Les élus PJD défendent, bec et ongles, le maintien de la retraite des parlementaires.

Le sevrage des enfants de la tétine, à quel âge? Tout le monde sait que c’est à partir de 2 ans. Sauf pour le sevrage de la tétine de la rente, ça n’a pas d’âge. On n’a jamais vu le PJD dans tous ses états que lorsqu’il s’est agi de défendre la retraite des parlementaires. Une violence verbale, des injures et des accusations à tout va contre tous ceux qui sont contre la rémunération des élus post-mandat, y compris les influenceurs et les journalistes, qui sont, selon Driss El Azami, des populistes qui en veulent au PJD et qui lui envient sa réussite. De quelle réussite parle-t-il, si ce n’est des scandales de ses ministres et des décisions irréfléchies qui ont conduit le pays dans l’impasse actuelle?

Priorité des Marocains
Mais restons dans le vif du sujet. Cela s’est passé lundi 12 octobre 2020, lors d’une séance parlementaire de la commission des Finances et du développement économique. Se voyant menacé d’abandonner une thèse sur laquelle le parti a bâti sa stratégie électorale depuis des années, le groupe parlementaire du PJD s’est lâché lors d’une séance parlementaire. Pour Driss El Azami, ce sont donc des envieux qui n’arrivent pas à concurrencer le parti de la vertu et du sérieux. Non seulement cela, mais l’élu islamiste est allé encore plus loin. Il a clairement menacé les contradicteurs du PJD, tous ces populistes donc, des pires châtiments. Mimouna Aftati, du même groupe parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD), a renchéri: «C’est en contrepartie de ‘bakchichs’ que certains posts sont publiés».

Heureusement que les deux parlementaires PJD furent recadrés par la députée usfpéiste, Hanane Rihab: «Celui qui avance que ce sujet n’est pas d’actualité a tort. Nous devons trancher cette question, M. Azami, parce qu’elle traîne depuis des années et parce que nombre de zones d’ombre qui caractérise l’action politique au Maroc est liée à l’absence de transparence par rapport à ce type d’avantages indus. Des propositions de loi et des systèmes de nombre de pays dans le monde ont changé grâce aux médias sociaux. Il est honteux de dire aujourd’hui que la retraite des parlementaires n’est pas la priorité des Marocains et que les Marocains qui animent les médias sociaux sont des populistes».

En 2018, le même Driss El Azami prétextait que plusieurs anciens parlementaires avaient du mal à joindre les deux bouts. La politique, aux yeux du PJD et des autres formations politiques, est faite pour garantir une vie facile et sans tracas aux élus et ministres toute leur vie. Le comble, il se permet d’avancer que les parlementaires ne peuvent pas travailler gratis (biliki), même après la fin de leur mandat.

La retraite des parlementaires a démasqué le PJD mais aussi d’autres formations politiques de la majorité et de l’opposition qui se cachent derrière des futilités pour retarder chaque fois l’aboutissement de cette proposition de loi qui vise à mettre fin à une forme de rente des plus anciennes au Maroc. C’est la honte pour un pays qui pose encore les bases de sa transition démocratique.

Les partis politiques montrent que leur but derrière les élections est de contribuer à la gestion de la chose publique, en s’accaparant des postes bien rémunérés et avec des retraites très confortables et des avantages indus. Cela ravive par la même occasion la question de la légalité et du mérite de cette retraite pour les ministres et le Chef du gouvernement qu’aucun autre pays du monde démocratique n’accorde à ses responsables.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger