PLUS QU’UN SENTIMENT D’INSÉCURITÉ, UN VÉCU !

l’assassinat du jeune walid, l’attaque ou la goutte “de trop”

L’approche sécuritaire et sociale du gouvernement dans la gestion de la pandémie est bancale. Le gouvernement ne veut pas voir les conséquences de sa stratégie défaillante et dont le gros des Marocains paient le prix fort, autant sur le plan de la sécurité que sur le plan économico-social.

Mohammed Walid est mort après avoir été agressé pour son téléphone portable. Ce jeune lycéen casablancais de 16 ans a été assassiné le 12 octobre 2020, à proximité de la station du tramway Technoparc, à Casablanca, de retour à la maison, à la sortie de l’école. Il a succombé à des blessures profondes causées par une arme blanche à l’aide de laquelle l’agresseur voulait lui faire peur pour le dépouiller de son téléphone portable, avant de lui asséner des coups fatals.

Pour un téléphone portable, un enfant perd la vie. Pour moins que cela, d’autres sont agressés sous nos cieux, souvent mortellement, ces derniers temps. Les agressions se font légion. Et les agresseurs ne craignent rien ni personne. Certains bravent même publiquement les agents de police. L’insécurité devient beaucoup plus qu’un sentiment, plutôt un vécu quotidien dans nos villes, depuis le mois de juillet 2020, soit depuis le déconfinement progressif qui a suivi un confinement strict de quatre mois. Un confinement durant lequel les Marocains ne se sont jamais sentis aussi en sécurité, tellement les délinquants et les mendiants ont disparu comme si la terre les avait engloutis.

L’approche sécuritaire et sociale du gouvernement dans la gestion de la pandémie est bancale. Faire régner la sécurité pour faire respecter le confinement et accorder des aides modiques voire insignifiantes trois mois durant le temps que ce confinement total dure. Aujourd’hui, le gouvernement ne veut pas voir les conséquences de sa stratégie défaillante et dont le gros des Marocains paient le prix fort, autant sur le plan de la sécurité que sur le plan économico-social. Il est indéniable que la crise sanitaire a amplifié un malaise social à moitié endormi. Ses dépenses excédant ses recettes, l’Etat n’en peut plus.

Une large frange de Marocains non plus. Si le souci de l’Etat est purement financier pour faire face aux répercussions de la pandémie du Covid- 19, celui populaire est diamétralement existentiel, celui de vivre, voire survivre. Le moral d’une large catégorie de Marocains est au plus bas. Des cas de suicides ou des tentatives de suicide de pères de familles surendettés traduisent, un tant soit peu, un malaise social né des inégalités sociales, de la conscience accrue d’une séparation entre les élites et le peuple, d’une défiance vis-àvis des institutions, d’une corruption qui s’enracine...

Sournoise, la grogne populaire grandit et menace les équilibres sociaux fragilisés par la crise sanitaire. La décision de suspendre les aides, aussi dérisoires soient-elles (entre 800 et 1.200 dirhams), destinées aux employés déclarés à la CNSS comme étant en arrêt d’activité, aux ramedistes et aux ménages vivant de l’informel a eu pour conséquence de donner naissance au sentiment d’être largué par l’Etat à un moment très difficile. Après des mois de confinement, durant lesquels ces catégories n’ont exercé aucune activité économique, elles ont dû vivre avec leurs maigres économies et les aides étatiques. Entretemps, les impayés (loyer et factures d’eau et d’électricité) s’entassaient.

Les agressions, de nos jours, sont le résultat de ce mal social qu’il va falloir endiguer en urgence avant qu’il ne menace la stabilité du pays. De nos jours, on voit des mendiants dont le profil était inimaginable jadis. Des pères de familles, des femmes en charge d’enfants, des jeunes désoeuvrés et désargentés, s’adonnent à la mendicité pour assurer leur survie. Le gouvernement a lâché les repris de justice et des délinquants affamés après les avoir assiégés et neutralisés pendant quatre mois. Ces derniers s’en prennent à ceux qui ne sont pas nécessairement mieux lotis qu’eux sur un plan social et financier.

Il est temps d’agir. Le ras-le-bol est à son paroxysme. Les citoyens craignent pour leur vie et pour leur survie. Entre le souci de garantir le minimum pour la survie de leurs familles et la peur pour leur intégrité physique, les Marocains n’en peuvent plus.


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