Des sénateurs américains soumettent un projet de résolution contre le Maroc

LIBERTÉ D'EXPRESSION

Des sénateurs américains des partis républicain et démocrate ont présenté, le 3 mai 2022, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, un projet de résolution visant à reconnaître «les menaces croissantes à la liberté de la presse et à la liberté d’expression dans le monde» et particulièrement au Maroc.

«Le Maroc a connu de sévères répressions de la liberté d’expression et des partisans d’une presse libre», soutiennent les sénateurs démocrates Bob Menendez, Tim Kaine, Ben Cardin, Chris Coons, Jeff Merkley et Chris Van Hollen ainsi que les sénateurs républicains Marco Rubio, Thom Tillis, Jerry Moran et John Cornyn. Ils s’appuient sur cinq cas, celui de Taoufik Bouachrine, arrêté en février 2018 «sur fond de représailles liées à son journalisme» et qui purge une peine de 15 ans de prison.

La résolution cite aussi le cas de Soulaiman Raissouni, «arrêté pour des représailles similaires», inculpé en mai 2020 et qui purge une peine de 5 ans; ainsi que celui de Ali Anouzla, journaliste et rédacteur en chef du site Lakome, arrêté à plusieurs reprises pour des accusations liées à l’exercice de son métier.

Le projet de résolution cite également le cas de Maati Monjib, «détenu en décembre 2020 pendant 3 mois pour des accusations de sécurité nationale et de fraude et reste soumis à des conditions restrictives de mise en liberté sous caution»; ainsi que celui de Omar Radi, arrêté pour soupçons d’espionnage en juin 2020 «peu après qu’Amnesty International a signalé que les autorités marocaines avaient piraté son téléphone et surveillé ses activités», lit-on dans le projet de résolution.

Des allégations remises en question par les avocats des victimes de MM. Bouachrine, Radi et Raissouni. En vue de dénoncer ce projet de résolution et ses défenseurs ainsi que pour faire savoir l’autre version de ces dossiers, ces derniers organisent ce vendredi 6 mai 2022 une conférence de presse.

M.K