Conjoncture économique au Maroc

Le secteur de l'immobilier en berne

Le marché de l’immobilier se porte mal, et ce depuis la pandémie de Covid-19. L’offre immobilière demeure en berne dans une conjoncture marquée par une hausse généralisée des prix des matières premières et des intrants.


Le marché immobilier connaît une dynamique modérée en dépit de la non-intervention des banques qui n’ont pas réagi à la hausse du taux directeur annoncée lors de la première réunion du conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), passant de 2,5% à 3% en mars 2023. L’absence de réaction des banques se traduit essentiellement dans les taux de crédit immobilier, lesquels n’ont pas évolué parallèlement aux changements de la politique monétaire de BAM.

Une stratégie qui devait encourager davantage d’acquéreurs, sauf que le marché a son propre mot à dire. Selon les professionnels de l’immobilier interrogés par Maroc Hebdo, la situation du secteur ne prête pas à l’optimisme. La reprise du secteur immobilier après une période de léthargie générale depuis la pandémie de Covid- 19, a été dissimulée en raison des défis auxquels fait face le secteur immobilier au Maroc. « La situation de l’immobilier au Maroc en 2023 est influencée par des facteurs à la fois locaux et globaux », nous indique Dounia Khaloui, intervenante en branding et responsable administrative dans une agence immobilière de luxe.


Le dernier rapport de BAM sur l’Indice des prix des actifs immobilier (IPAI), établi en collaboration avec l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), démontre à plus d’un titre que le secteur immobilier au Maroc évolue dans un contexte caractérisé par une baisse générale des transactions immobilières, hormis le foncier qui a enregistré une progression de 2,8% au troisième trimestre de 2023 et dont l’indice de prix n’a que légèrement grimpé à la même période, enregistrant une légère hausse de 0,3%, la plus basse de toutes les catégories immobilières, selon la même source. Plusieurs facteurs tendent à expliquer la morosité du secteur. Il y a d’abord la hausse des coûts de construction favorisée par la cherté des matières premières, ce qui se reflète sur les prix de vente des biens immobiliers. « Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale impactent négativement la rentabilité des projets immobiliers », analyse Mme Khaloui.

L’accès au financement
Selon le rapport de BAM et l’ANCFCC, l’Indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a enregistré une progression de 0,7% pendant le troisième trimestre de 2023 et de 0,3% en glissement annuelle. Cette progression dans les prix de l’immobilier contribue de plus en plus au repli de la demande. La hausse des prix immobiliers est justifiée par l’exigence des acquéreurs qui deviennent de plus en plus pointilleux dans leurs projets d’achat immobilier. «Il faut adopter une approche qui tienne compte des demandes des acquéreurs. La réinvention du secteur de l’immobilier a un coût», nous explique Younes Diouri, architecte. « Le segment locatif et les résidences de luxe ont le vent en poupe, contrairement au moyen standing », ajoute-t-il.

En plus de la hausse des prix de l’immobilier, il existe également un second défi majeur. Par ailleurs, l’accès au financement est considéré comme étant la bête noire des promoteurs immobiliers. Les institutions financières sont souvent réticentes à octroyer des prêts en raison des risques perçus. Et cela entrave la fluidité des investissements dans le secteur. Certains défis liés à l’accès au financement devraient être relevés avec le lancement du nouveau programme d’aide au logement, notamment pour les logements économiques et le moyen standing. Ce nouveau programme peut atténuer le problème de l’accessibilité financière, l’un des principaux obstacles pour les acheteurs, estime Mme Khaloui.

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