LE SECTEUR DE L’INGÉNIERIE DÉNONCE UN VIDE JURIDIQUE

BÂTIMENT ET TRAVAUX PUBLICS ET COVID-19

La Pandémie du Covid 19 a mis à nu les difficultés vécues par certaines professions importantes dans le domaine du BTP telle l’ingénierie. Des difficultés liées principalement à la réglementation en vigueur et au vide juridique qui en découle.

Le secteur du BTP bat de l’aile. Et la pandémie du Covid-19 n’a fait qu’accentuer cette crise et révéler par la même occasion une faiblesse dans la réglementation organisant la profession de l’ingénierie ainsi que sa crise de représentativité.

Il est en effet aberrant de constater que des professions aussi importantes que décisives dans le secteur de BTP, de l’Aménagement et de l’Urbanisme, telles que les bureaux d’études, les laboratoires de géotechnique et les bureaux de contrôle technique, ne soient toujours pas réglementées au même titre que les architectes et les topographes. Cette lacune réglementaire a toujours fragilisé ces professions, et l’impact du Covid-19 s’est clairement ressenti sur leur chiffre d’affaires en comparaison avec celui de la même période de l’année 2019, avec une forte baisse variant généralement entre 50 et 70%. Divers facteurs peuvent expliquer cette situation, dont en particulier la fermeture de nombreux chantiers de construction; la restriction contraignante des déplacements interurbains pour atteindre les chantiers et procéder aux investigations nécessaires; le report à des dates ultérieures de nombreux Marchés initialement programmés et les éternelles difficultés de recouvrement des créances.

La principale entrave au développement du secteur de l’Ingénierie marocaine, d’après Tayeb El Karidi, ingénieur expert assermenté, vice-président de la Fédération Marocaine d’Essai et de Contrôle (FédEC) et ex-président de l’Association Marocaine des Laboratoires d’Essais et de Contrôle (AMLEC), réside dans la difficulté de rallier les points de vue et d’arriver à un consensus. Cela tient à la diversité des formations et des niveaux des ingénieurs qui affluent de tous bords. La grande diversité des profils de l’Ingénieur a rendu caduques les nombreuses tentatives d’unification de l’Ingénierie nationale, qui peine à atteindre ses objectifs.

«Plus que jamais, la profession de l’ingénierie marocaine a besoin aujourd’hui d’un fédérateur en vue de rassembler l’ensemble des ingénieurs spécialistes autour de pôles spécifiques à intérêts communs loin des considérations personnelles égocentristes. La Fédération Marocaine du Conseil et de l’Ingénierie (FMCI), à qui revenait la tâche de consolider les acquis et réunir l’ensemble des ingénieurs du secteur des BTP, a, malgré beaucoup d’efforts tout à fait louables consentis par les anciens pour raffermir le lien entre l’ensemble des ingénieurs, est dernièrement en train de jeter l’éponge. On assiste en effet depuis quelque temps à un véritable éparpillement, dû, entre autres, à la création de BET en BTP sans aucune base règlementaire… Il est en effet primordial de réserver l’ouverture desdits BET à des ingénieurs spécialistes de structures, Génie civil ou similaire et de proscrire les récentes tentatives d’introduction de licenciés ou économistes dans le système actuel », confie Tayeb El Karidi.

Un forum sous forme de collectifs d’associations est actuellement en cours de mise en place pour discuter des moyens de sortir l’Ingénierie nationale de son marasme, et soumettre un projet de texte promulguant la création de l’Ordre National des Ingénieurs de BTP aux autorités compétentes après ouverture des débats dans ce sens entre les professionnels et les associations concernées.


Laisser un commentaire

X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger