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Vague de sécheresse au Maroc : Les petits exploitants dans le néant...

Très dépendants des précipitations pour accroître leur production, les petits agriculteurs sont les plus affectés par la sécheresse qui frappe actuellement le Maroc.

La rareté des pluies a plongé des milliers d’agriculteurs marocains dans le désarroi. Ces paysans qui ont rangé tracteurs et autres machines agricoles, naviguent à vue et scrutent le ciel avec optimisme, l’implorant de rouvrir les vannes pour faire germer les graines de l’espoir. Dans ce lot des sinistrés, certains paient le plus lourd tribut: les petits exploitants. Très dépendants des précipitations pour accroître leur production, ils se rongent gravement les ongles.

La baisse des réserves des barrages et des nappes phréatiques affecte leur moral, eux qui avaient lourdement souffert lors des épisodes de sécheresse qui avaient déjà frappé le Maroc de 1991 à 2002. Selon Rachid Benali, vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), le monde rural est confronté à la pire sécheresse des trente dernières années. Pour lui, pas moins de 3 millions d’hectares ont été affectés par cette situation dramatique. Toutes les régions sont concernées, hormis certaines zones de montagne, dont une partie du Gharb, une partie du Saiss et une partie de Marchouch, située dans la région de Rabat.

D’après les statistiques, les petits «fellahs» représentent 56,7% des agriculteurs au Maroc et exploitent des superficies qui varient entre 5 et 50 ha alimentées par la pluie. Quant aux micro-exploitants, qui pratiquent l’agriculture pluviale dans les régions non irriguées, ils disposent de moins de 3 ha de terres, et représentent 41% de la population rurale. Pour pérenniser leurs activités, beaucoup contractent des prêts auprès des institutions de financement agricoles, principalement auprès du Crédit agricole du Maroc (CAM). Consciente de leurs difficultés du moment, la banque a décidé de leur venir en aide, dans le cadre de sa contribution de 6 milliards de dirhams au programme royal de lutte contre la sécheresse.

Le CAM annonce la mise en place d’un moratoire pour les petits agriculteurs qui opèrent dans toutes les filières de production agricole. Concrètement, ils bénéficieront d’un report, avec décalage d’une année, des échéances des crédits échus et une suspension des actions en justice anciennement intentées. La banque indique aussi étudier le reprofilage de l’endettement pour leur proposer «solutions optimales et réalistes».

Le champ des possibles
Cette sécheresse semble être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ces agriculteurs sont confrontés, depuis plusieurs années, aux effets néfastes des changements climatiques. La Banque africaine de développement (BAD) a d’ailleurs accordé, le 23 novembre 2021, un prêt d’1,184 milliard de dirhams au Royaume, dans le cadre du Programme d’appui au développement inclusif et durable des zones agricoles et rurales (PADIDZAR). Objectif, renforcer leur résilience face à ce phénomène. D’après la banque panafricaine, ce programme aidera notamment les petits producteurs des zones rurales vulnérables à mettre en place une nouvelle génération d’agro-entrepreneurs hommes et femmes, intégrés dans des chaînes de valeur de manière inclusive, à travers un accompagnement individualisé afin d’identifier des opportunités de projets, établir des business-plans, créer des projets et s’organiser dans des structures coopératives et professionnelles capables de garantir leurs performances et leur pérennisation.

«L’amélioration de l’efficience et de la résilience climatique des périmètres irrigués, la promotion des femmes, l’appui aux jeunes entrepreneurs et la formation des producteurs ouvriront, entre autres, le champ des possibles dans ce secteur, en particulier pour les petites et moyennes exploitations», avait déclaré Achraf Hassan Tarsim, le responsable- pays de la Banque pour le Maroc.

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