Sécheresse évitée, mais baisse des réserves en eau

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Les pluies tardives et régulières sauvent la majorité des cultures agricoles


La saison agricole est sauvée, après les pluies torrentielles de décembre et régulières de janvier. Le spectre d’une sécheresse similaire à celle de 2016, a disparu. Mais les réserves d’eau inquiètent toujours.

L’agriculture continue de faire la pluie et le beau temps au niveau de l’économie marocaine. Il n’y a de croissance économique que lorsque la campagne agricole est bonne à très bonne. Et il paraît que la saison est sauvée, après les pluies torrentielles de décembre et régulières de janvier. La fréquence des pluies est favorable depuis quelques semaines et semble redonner un espoir aux acteurs du secteur agricole.

Le spectre d’une sécheresse similaire à celle de 2016, la pire des 30 dernières années, qui planait sur l’économie marocaine en ce début d’année, a disparu, selon Ben Mbarek Fenniri, président de l’Association nationale des éleveurs ovine et caprine (ANOC) et membre de la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural). Ce professionnel assure que cela fait des années que le Maroc n’a pas vécu des pluies aussi denses et bien réparties sur toutes les régions agricoles du Royaume.

Pour la culture céréalière, et après un début de campagne difficile, il semblerait que les pluies du mois de janvier aient renversé la tendance. Les graines de blé germées pousseront de manière rapide en février à condition qu’on assiste à des pluies le 1er février, qui est très symbolique aux yeux des agriculteurs pour l’annonce d’une bonne année céréalière. En tout cas, ces pluies sont aussi bénéfiques pour les cultures de printemps, le maraîchage et les fourrages pour le bétail. Les éleveurs vont maintenant laisser les agneaux brouter de l’herbe verte pour grandir avant de les vendre.

Effets perceptibles
Pour le président de l’ANOC, même si l’espoir est de mise, le 31 mars donne la lumière sur le sort de la campagne agricole. «Contrairement à la campagne passée, marquée par des conditions climatiques favorables aux cultures précoces, la campagne agricole 2017/2018 aurait été caractérisée par une pluviométrie automnale moins abondante, dont les effets auraient été plus perceptibles au niveau des surfaces ensemencées des céréales et des légumineuses, mais également au niveau des cultures irriguées», avait alerté il y a quelques semaines le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Pas de sécheresse. Mais il y aura certainement moins de réserves d’eau. En effet, l’autre danger qui plane sur la saison, c’est le taux de remplissage des barrages à usage agricole, qui «se serait situé, à la mi-décembre 2017, à son niveau le plus bas des six dernières campagnes, soit 32%».

Les barrages voient leurs réserves s’améliorer mais pas au même niveau de l’année dernière. Après les dernières pluies de fin décembre et début janvier, les dernières statistiques du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau montrent que le taux national de remplissage au 5 janvier 2018 est de 35,7%, contre 52,8%, un an auparavant. Pour ce qui des barrages à usage agricole dont dépendent les cultures arboricoles, maraîchères et industrielles pratiquées dans leurs périmètres, les réserves affichent des taux en baisse. Le barrage Ibn El Ouidane a atteint un taux de 18%, contre 44,8% en 2017; et Al Massira affiche un taux de remplissage de 18,1%, au lieu de 42,7% l’année dernière. Ce qui nourrit le doute quant à la possibilité de combler le retard des pluies dans les deux mois à venir

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