Sécheresse en Afrique: Le cri du coeur du roi Mohammed VI

Comme de nombreux pays dans le monde et notamment ceux d’Afrique, le Maroc a été en proie pendant une partie de cette année 2022 à la sécheresse. Une expérience que le roi Mohammed VI avait sans doute en tête au moment de la rédaction du discours qu’il a adressé ce lundi 9 mai 2022 au sommet sur la sécheresse et la gestion durable des terres tenu dans la ville d’Abijdan, en Côte d’Ivoire.

Après avoir remercié le président ivoirien, Alassane Ouattara, pour “l’organisation réussie” de l’événement et son “initiative louable” qu’il a qualifiée de “visage déterminé d’une mobilisation concrète face au problème de la sécheresse” et de “reflet éclatant de cette Afrique qui [lui] est si chère”, à savoir “l’Afrique entreprenante, qui prend son destin en main”, le Souverain a tenu à insister que “le changement climatique n’est pas un sujet théorique ou un objet de débat rhétorique” et que “c’est une réalité dure et implacable, qui sévit par des sécheresses de plus en plus fréquentes, de plus en plus intenses et de plus en plus dévastatrices”. “La récurrence des épisodes de sécheresse et la cadence de la dégradation des sols se posent réellement en défi majeur,” a-t-il poursuivi, en rappelant que “durant les vingt dernières années, ils ont impacté plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde, et entraîné plus de 124 milliards de dollars de pertes économiques” et qu’“en Afrique, des millions d'hectares sont menacés de désertification en raison de l'avancée du désert, qui progresse dans certaines régions à un rythme de 5 km par an”.

Et de passer notamment par la suite en revue les différentes réalisations du Maroc au niveau de la lutte contre le réchauffement climatique, avec, concrètement, l’objectif de baisser de 45,5% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, les stratégies Forêts du Maroc 2020-2030 et Génération Green 2020-2030 ou encore le plan national de l’eau, sans compter la dimension volontairement eco-friendly du nouveau modèle de développement.

Il faut dire aussi, et cela d’ailleurs le roi Mohammed VI l’a souligné, que c’est au Maroc même qu’en novembre 2016 avait été tenue la 22ème session de la Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22), laquelle avait consacré les accords convenus un an plus tôt à Paris. D’ores et déjà, le roi Mohammed VI a exprimé dans son discours sa volonté d’appuyer l’initiative d’Abidjan, qui viendra consacrer les travaux du sommet que la ville accueille.