Sebta et Mélilia: Vox persiste et signe pour une intégration à l’OTAN

L’extrême droite espagnole Vox continue toujours d’appeler à l'intégration des présides occupés de Sebta et Mélilia dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Dans une intervention publique relayée sur les réseaux sociaux, l’eurodéputé Jorge Buxadé, issu du parti Vox dont il est par ailleurs le premier vice-président, s’est directement attaqué au président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui se refuse pour l’heure à appuyer une telle décision dans le contexte de réconciliation avec le Maroc. Et de carrément faire un parallèle avec la situation de l’Ukraine, envahie depuis le 24 février 2022 par la Russie et dont il dit que Sebta et Mélilia pourraient connaître un sort similaire -de la part du Royaume, s’entend- si rien n’est fait pour leur assurer la protection de l’OTAN.

“Sebta et Mélilia sont l’Espagne, elles ont été l’Espagne et seront toujours l’Espagne, et si l’Espagne se trouve à l’intérieur du traité de l’Atlantique Nord, il n’y a aucune justification politique pour que Sebta et Mélilia ne soient pas sous la protection de l’OTAN,” a-t-il martelé. Un vœu sans doute pieux, dans la mesure où même si M. Sanchez ou n’importe quel autre chef de gouvernement finissait par demander l’intégration de Sebta et Mélilia à l’OTAN, il finirait par se voir signifier une fin de non-recevoir de la part des États-Unis étant donné que ces derniers tiennent également à leurs relations avec le Maroc, et s’il n’est pas membre de l’OTAN, le Royaume en est d’ailleurs un allié majeur depuis juin 2004.

Qui plus est, le Maroc n’a jamais envisagé de moyen militaire pour récupérer Sebta et Mélilia et a depuis toujours mis sur la table le dialogue, comme ce fut le cas pour la récupération du Cap Juby en avril 1958, de Sidi Ifni en juin 1969 et du reste du Sahara marocain à partir de  novembre 1975. Ce qui, à un moment, a d’ailleurs semblé donner l’impression à l’Espagne que les revendications sur Sebta et Mélilia avaient été mises en sourdine, avant que l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaïch, ne rappelle qu’il n’en était rien lors de son échange de décembre 2020 avec la secrétaire d’État espagnole aux Affaires étrangères, Cristina Gallach, consécutive à une sortie du chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, qui avait déclaré à la chaîne satellitaire panarabe Asharq que “le jour viendra” où il faudra discuter des présides occupés.