Où peut-on se baigner cette année ?

Plus de 87% des eaux de baignade sur les plages marocaines sont conformes aux normes de qualité

52 plages ne sont pas conformes aux normes de la qualité et donc impropres à la baignade. Et ce en raison de la pollution résultant principalement des rejets d’eaux usées, de la forte concentration des baigneurs, conjuguées à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aux changements climatiques.

Le retour aux plages cette année n’est pas semblable aux années précédentes. Interdites à la baignade pendant toute la période de confinement, qui a durée trois mois, les plages retrouvent peu à peu de l’animation, après le déconfinement, mais avec un goût amer dans un contexte sanitaire difficile marqué par le stress et la crainte des Marocains d’attraper le Covid- 19. Comme chaque année, les plages marocaines font l’objet d’un classement et d’une évaluation réalisés par le département de l’environnement. Ce classement permet aux Marocains de se construire une idée plus ou moins précise sur la qualité des plages marocaines. Ainsi, selon le récent rapport rendu public lundi 6 juillet 2020, plus de 87% des eaux de baignade sur les plages marocaines sont conformes aux normes de qualité microbiologique.

Le rapport, piloté par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement et dont les résultats ont été présentés lors d’une conférence de presse à distance, indique que sur 461 stations programmées pour surveiller la qualité des eaux de baignade, 422 stations possèdent un nombre suffisant d’échantillons afin de mener à bien le processus de classification selon la nouvelle norme marocaine (199.7.03 NM), et donc 370 stations de surveillance (soit 87,68%) ont été évaluées avec une qualité microbiologique conformément à la nouvelle norme.

Les 52 stations restantes (soit 12,32%) ne sont pas conformes à ces normes au cours de la saison actuelle, en raison de la pollution résultant principalement des rejets d’eaux usées, de la forte concentration des baigneurs, conjuguées à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aux changements climatiques, et particulièrement en ce qui concerne les apports en eaux pluviales parfois polluées, qui rejoignent directement les plages par le biais des cours d’eau.

Concernant la Surveillance de la qualité du sable des plages, les déchets marins des plages se caractérisent par la prépondérance de la catégorie «Plastique/ polystyrène», qui représente, à elle seule un taux de 84% de la totalité des déchets marins au niveau national.

À cet égard, deux projets pilotes ont été menés également, en partenariat avec deux associations opérant sur la Méditerranée, dont le premier concerne le projet Adopter une Plage avec l’AESVT/section de Tanger, qui a concerné la caractérisation des déchets au niveau de 4 plages méditerranéennes, alors que le deuxième concerne le projet Pêche aux Déchets, avec l’association des plongeurs Abtal Fnideq, qui s’est déroulé au niveau du port de pêche de Fnideq.

Un atout pour le tourisme côtier
Pour ce qui est du programme Plages Propres et du fameux label Pavillon Bleu, les données de surveillance issues de ce programme constituent également des sources d’information pour l’évaluation des dossiers des plages candidates à l’écolabel Pavillon Bleu, piloté par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement, dont le drapeau a été hissé en 2019 sur les 21 plages. En 2020, 39 candidatures ont été déposées parmi les 102 plages inscrites dans le programme Plages Propres et dont le résultat d’examen des dossiers sera communiqué par la Fondation.

Afin de préserver la qualité des eaux de baignade, le rapport recommande de lutter contre le rejet aléatoire des eaux usées s’écoulant directement dans les zones de baignade ou à travers les cours d’eau pluviale, de sensibiliser et d’orienter les propriétaires des établissements touristiques, la surveillance régulière des réseaux de drainage des eaux de pluie pour éviter le raccordement aléatoire des eaux usées domestiques, et une surveillance régulière de l’état du réseau d’assainissement.

Le rapport prône aussi d’interdire le rejet des eaux usées domestiques et/ou industrielles, de renforcer les systèmes de lutte contre la pollution au niveau des estuaires, des villes et des centres urbains côtiers, d’équiper les plages d’infrastructures et d’installations d’hygiène appropriées, de sensibiliser les baigneurs aux comportements écologiques et de les impliquer dans le nettoyage des baignades. Le nombre de plages qui font l’objet de la surveillance évolue depuis plusieurs années. Il est passé de 50 en 2000, à 79 en 2002 et à 175 plages en 2020. Cependant, la qualité a connu une nette amélioration au fil des années. La qualité des eaux de baignade constitue un atout important pour le développement du tourisme côtier, en particulier.

Depuis 2014, le Maroc a adopté la nouvelle norme (199.7.03 NM), qui découle des nouvelles directives européennes pour la gestion de l’eau de baignade, qui ont été progressivement appliquées à la classification de la qualité de l’eau des plages du Royaume.

Cette nouvelle norme marocaine est basée sur la mise en place d’un mécanisme de gestion proactive de la qualité de l’eau de baignade sur la base de la classification de l’eau au cours des quatre dernières années consécutives. Cette norme définit des «niveaux standards» plus stricts que l’ancienne norme, avec l’analyse des sables des plages et la finalisation des dossiers environnementaux permettant l’évaluation de toutes les procédures et mesures pour protéger les baigneurs du risque de contamination de l’eau de baignade.


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