Les scénarios pour sortir de la crise

LE LEADER MONDIAL DE L’ASSURANCE-CRÉDIT, EULER HERMES, ÉVALUE LE CHOC PANDÉMIQUE SUR L’ÉCONOMIE MAROCAINE

Le défi est de résister au choc de la demande et de l’offre lié à la crise sanitaire, à la fois localement et dans les pays clients.

L’économie marocaine, comme toutes les économies du monde entier, subit de plein fouet le choc de la pandémie du Covid-19. Un choc foudroyant dont les conséquences vont longtemps peser sur l’économie nationale. Pour les experts du leader mondial de l’assurance-crédit, Euler Hermes, les secteurs économiques les plus touchés par la crise sanitaire sont en premier lieu les secteurs du gaz, du pétrole, le secteur de l’automobile et des pièces détachées.

Pour cela, ils prévoient un effondrement des chiffres d’affaires de ces secteurs pour les deux prochains trimestres. L’Europe, dont dépend fortement le Maroc, connaît par ailleurs une récession économique sans précédent. Par effet boule de neige, cette dépendance augure des effets négatifs sur l’économie marocaine. En effet, l’UE représente plus de 58% des exportations marocaines, 59% du stock d’investissements directs étrangers, 70% des recettes touristiques et 69% des transferts des MRE. Des secteurs orientés à l’exportation ont été terriblement affectés.

Poursuivre les réformes
Le défi est donc de résister au choc de la demande et de l’offre lié à la crise sanitaire, à la fois localement et dans les pays clients. Conséquence directe: le Maroc va connaître en 2020 une contraction importante de la croissance économique de 4%. Pour plusieurs économistes, il ne s’agit pas d’une baisse de la croissance mais plutôt d’une décroissance provoquée par une baisse importante de la production économique. Mais le chiffre avancé par le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Benchaâboun, consistant à dire que le Maroc perd 1 milliard de dirhams par jour de confinement, peut encore chambouler les prévisions. Sur le base des estimations ministérielles, les économises enfoncent davantage leurs pronostics pour le Maroc en disant que la croissance va probablement baisser de 10%. Un scénario catastrophe qui sera affronté par les choix classiques de l’endettement extérieur.

Les défis qui se posent alors pour le Maroc pendant cette conjoncture exceptionnelle sont multiples. Sur le court terme, il s’agit d’absorber ce choc en apportant un soutien direct et rapide aux structures les plus vulnérables pour protéger le tissu économique et social du pays. Quant au moyen terme, les experts d’Euler Hermes incitent l’Etat marocain à continuer à investir dans le domaine des infrastructures.

Autre recommandation importante et non des moindres: poursuivre les réformes structurelles dans un contexte où l’urgence sociale va requérir plus de fonds au détriment peut-être des mesures qui visaient à améliorer la compétitivité de l’économie. Il y a aussi d’autres actions à entreprendre comme poursuivre la diversification de l’économie et l’expansion du secteur manufacturier pour maintenir l’attractivité du pays aux investisseurs ou encore stabiliser la dette publique qui est estimée à 67% du PIB national. Le plus dur est certainement à venir.


1 commentaire

  • Mansour Essaïh

    23 Mai 2020

    L'erreur mortelle, c'est d'investir uniquement ou très majoritairement dans les infrastructures. Certes, ces dernières sont un mal nécessaire, mais notre pays pullule de spécialistes et d'experts dans le domaine de modélisation et de l’optimisation économique des projets. Ces spécialistes et experts, sont en mesure, avec les outils informatiques actuels, de trouver dans des temps record l’équilibre économique entre les investissements dans les infrastructures et les investissements dans les industries de production des biens d’équipement, surtout, la petite et moyenne industrie.

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