Un scandale immobilier qui traîne devant la justice

Report du procès bab darna au 9 novembre 2021 devant la cour d'appel de casablanca

Plus de 400 millions de dirhams ont été escroqués par le patron du groupe Bab Darna, Mohamed El Ouardi, avec la complicité de ses collaborateurs, tous incarcérés dans la prison Oukacha de Casablanca en attendant leur condamnation par la justice. Mais le procès traîne depuis environ deux ans

L’affaire Bab Darna, du nom du groupe immobilier dont le président, Mohamed El Ouardi, a été arrêté par la police en novembre 2019, refait subitement surface sur la scène médiatique. Le procès ne cesse en effet de subir report sur report. La prochaine audience est ainsi fixée au 9 novembre 2021.

Sept personnes sont poursuivies en état d’arrestation dans le cadre de cette affaire, qui a énormément bouleversé l’opinion publique nationale. Il s’agit tout d’abord du patron du groupe, Mohamed El Ouardi, qui a orchestré un véritable plan machiavélique pour escroquer les Marocains qui se sont présentés pour acheter sur plan dans les projets immobiliers soutenus à coups de campagnes publicitaires sur la télé, la radio et l’affichage urbain.

Il y a aussi le directeur général du groupe, Othman El Boukfaoui et quatre autres employés et un notaire qui a pignon sur rue. Il s’agit notamment de Maître Mohamed Mawhoub, accusé de falsification de documents officiels, faux et usage de faux et participation à l’escroquerie.

Qui indemnisera les victimes?
Quant aux quatre autres employés, il s’agit de Achkoun Amina, directrice administrative et financière, Hicham El Bouamrani, directeur commercial, Faila Othmane, directeur technique et enfin, Mohamed Touré, comptable.

Le dossier est actuellement entre les mains de la chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers à la cour d’appel de Casablanca. L’épouse du propriétaire du groupe est également poursuivie en état d’arrestation, depuis son interpellation devant une clinique casablancaise en avril 2021. Son dossier n’a pas encore rejoint celui impliquant son mari et ses six complices présumés.

Mohamed El Ouardi et ses complices présumés se seraient, selon les juristes, servis du vide juridique dans le secteur des amicales pour escroquer leurs victimes, qui se comptent par centaines. Selon des projections avancées par les avocats des victimes, le montant des avances non restituées par le groupe Bab Darna est estimé à plus de 400 millions de dirhams, sans compter 80 millions de dirhams de créances en souffrance, cumulées auprès de plusieurs banques.

En attendant les condamnations, qui tardent à tomber, les victimes continuent de manifester dans la rue et devant l’ancien siège du groupe pour réclamer leur argent. Qui indemnisera ces pauvres personnes? Comment pourraient-elles récupérer leur argent? C’est la question qui reste pour le moment posée, sachant que les banques et l’administration fiscale réclament également des dettes faramineuses à l’ancien patron de Bab Darna.