Les sans-abris subissent de plein fouet l'approche de l'hiver

Sous la merci de mère nature

Face à la vague de froid glacial qui touche le Maroc depuis novembre, les sans-abris essaient tant bien que mal de résister. La société civile, quant à elle, se mobilise pour éviter le drame.

“Je crève de froid. Il y a des nuits où j’ai l’impression que c’est la fin pour moi”. Allongé sur un vieux matelas troué devant la porte d’un immeuble casablancais, à l’abri de la pluie, Mustapha résiste tant bien que mal à l’arrivée des premières fortes intempéries et à la baisse des températures. Le trentenaire, issu d’un village proche de Khouribga, est sans domicile fixe depuis près de six ans, lorsqu’il a quitté le foyer familial.

Il passe ses journées à errer dans les rues du quartier Bourgogne et ses alentours, demandant l’aumône pour trouver de quoi se nourrir et s’acheter quelques cigarettes. “Les gens m’aident souvent, al hamdoulilah, les habitants du quartier sont généreux”, soupire-til. Mais Abdelmoula, un autre sans domicile fixe, ne partage pas cet avis. Celui-ci travaillait comme marchand à la sauvette avant de laisser tomber pour se tourner vers la mendicité. “La vie est dure, les gens sont de plus en plus avares”, regrette-t-il, avec une voix affaiblie qui trahit encore plus son état de santé visiblement fragile.

Pour venir en aide à cette catégorie extrêmement précaire de la société, plusieurs acteurs associatifs se mobilisent sur tous les fronts, pour distribuer des repas, des médicaments, des vêtements ou encore des couvertures aux sans domiciles, voire leur trouver un hébergement. C’est le cas de l’association Jood, qui a lancé, fin novembre 2021, une campagne pour collecter des fonds afin de financer des actions en faveur des sans-abris.

Les bienfaiteurs peuvent ainsi financer un pack de 250 dirhams contenant plusieurs pièces de vêtements qui sont par la suite distribués. Outre les dons en argent, ils peuvent également offrir aux antennes de l’association, qui se trouvent également à Rabat, El Jadida, Tanger et Marrakech, des vêtements chauds pour cette période de l’année. Facilement identifiables avec leurs gilets floqués du nom de leur association, les Jooders sillonnent les rues de la métropole casablancaise chaque soir pour des opérations de distribution de plats chauds et autres produits.

Difficultés économiques
La mobilisation essaie donc d’éviter à tout prix les drames de l’hiver dernier, lorsque plusieurs sans-abris ont péri à cause du froid mais aussi du coronavirus. La pandémie a d’ailleurs aggravé les choses, selon les acteurs associatifs engagés pour les sans-abris. Face aux difficultés économiques, nombreux sont ceux qui se sont retrouvés d’un jour à un autre sans-abris, ni source de revenu. Sans oublier, bien sûr, le climat de crise qui rend les actes de solidarité entre les plus démunis plus difficiles.

L’idée serait donc de créer des opportunités professionnelles plus stables pour les sansabris. L’association Jood a dans ce sens organisé l’opération “sauve-moi de la rue”, en partenariat avec des stars marocaines, ce qui a permis de collecter plus d’un million de dirhams. De quoi financer l’insertion professionnelle d’une cinquantaine de sans-abris via des projets de tricycles pour préparation et vente de plats cuisinés.

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