Pluie de sanctions sportives sur la Russie

Deux poids, deux mesures

Exclusion du Mondial 2022, des compétitions européennes et olympiques. Autant de sanctions infligées à la Russie par les instances mondiales pour protester contre la guerre en Ukraine.

Loin des théâtres d’opération, les échos de la guerre d’Ukraine résonnent dans le monde du football. A peine quelques jours après le début de l’offensive russe chez son voisin de l’est, l’écosystème du ballon s’est mobilisé, comme une seule équipe, pour décerner un carton rouge au pays de Poutine. D’abord, la suspension de son contrat de sponsoring avec Gazprom, le 28 février.

La décision «est effective immédiatement et concerne la Ligue des champions, toutes les compétitions européennes impliquant les nations et l’Euro 2024», annonce l’Union européenne des associations de football (UEFA) dans un communiqué. D’après des sites spécialisés dans le sponsoring, le géant gazier russe apportait 40 millions d’euros par saison à l’UEFA et couvrait la Ligue des champions, les compétitions internationales organisées par l’UEFA ainsi que l’Euro-2024, prévue en Allemagne.

La FIFA et l’UEFA, qui se regardaient souvent en chiens de faïence ces dernières années, ont même décidé d’accorder leurs violons pour sanctionner lourdement Moscou. La Russie, hôte de dernière Coupe du monde en 2018, sera privée du Mondial 2022, qui se disputera au Qatar du 21 novembre au 18 décembre prochain, mais pas que. «La FIFA et l’UEFA ont décidé que toutes les équipes russes, qu’il s’agisse d’équipes nationales ou de clubs, seront suspendus de la participation aux compétitions FIFA et UEFA jusqu’à nouvel ordre», indiquent-elles dans un communiqué conjoints publié le 28 février.

Punitions sélectives
Si ces sanctions sont approuvées par certains observateurs, d’autres les considèrent plutôt comme deux poids deux mesures. Les faits leur donnent amplement raison. En octobre 2017, la FIFA a refusé la demande de la Fédération palestinienne de football (PFA) de sanctionner les six équipes basées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie qui participaient au championnat israélien. Le conseil de l’instance mondiale avait indiqué, à l’époque «devoir rester neutre dans les questions politiques ». Gianni Infantino, président de la FIFA avait déclaré que «toute interférence dans la situation actuelle des territoires, dans toute la région, en matière de football, pourrait avoir des conséquences aggravantes».

Et pourtant, une commission internationale qui a étudié ce problème pendant plus de deux avait recommandé des sanctions. «La décision de la FIFA, qui reconnait pourtant la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations, unies, est en conflit avec ses propres statuts en plus d’être une violation du droit humanitaire international», s’était insurgé la PFA. Ladite résolution «exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est».

Cette punition sélective a été vigoureusement dénoncée sur les réseaux sociaux, notamment Twitter. Dans l’équipe des contestataires, on retrouve la légende égyptienne Mohamed Aboutrika. «La décision de suspendre les clubs et les équipes russes de toutes les compétitions doit être accompagnée d’une interdiction de ceux qui sont affiliés à Israël, qui tue des enfants et des femmes en Palestine depuis des années», écrit-il sur son compte officiel.

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