Vers des sanctions européennes à l’encontre de l'Algérie?


José Manuel Albares, ministre des Affaires étrangères espagnol

Consécutivement à sa décision de commencer à considérer, à partir du 14 mars 2022, l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara marocain comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend autour de la région, l’Espagne subit depuis plusieurs semaines des mesures de rétorsions commerciales de la part de l’Algérie. En dehors du gaz, qu’elle continue de livrer afin de ne pas se retrouver accusée de faire le jeu de la Russie vis-à-vis de l’Europe, la voisine de l’Est avait procédé au gel, le 8 juin 2022, de toutes les domiciliations bancaires des opérations commerciales de et vers le royaume ibérique. Mais même ses précautions gazières ne devraient pas lui éviter des sanctions de la part des autorités du Vieux Continent.

Selon plusieurs sources diplomatiques, la Commission européenne envisage sérieusement actuellement de frapper fort à l’encontre du régime algérien afin de le pousser à faire machine arrière. Cela n’irait possiblement pas jusqu’à la suspension de l’accord d’association qui lie depuis début septembre 2005 l’Algérie et l’Union européenne (UE), mais celle-ci semble bien décidée à ce qu’un de ses États membres ne se fasse pas aussi ouvertement marcher sur les pieds, dans la mesure où demain un autre pays que l’Espagne pourrait se voir l’objet du même chantage.

A ce propos, BusinessEurope, qui est la principale organisation patronale européenne, a vu son directeur général, Markus Beyrer, prendre langue avec la Commission européenne pour aller plus en avant. Il aurait notamment déploré le fait que les entreprises espagnoles se retrouvent à payer les pots cassés pour une décision souveraine du gouvernement de leur pays. Ce dernier gouvernement, présidé par le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, continue pour sa part d’insister qu’il ne compte pas du tout revenir sur sa décision d’appuyer l’intégrité territoriale du Maroc. Une position réitérée ce jeudi 30 juin 2022 même par le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, sur la radio publique espagnole, à qui il a par ailleurs déclaré que selon lui l’Algérie avait rompu l’accord d’association. Alger a sans doute du mouron à se faire...