Les salons de coiffure sombrent dans l’oubli

CRI DE DÉTRESSE DES PROFESSIONNELS DE LA COIFFURE ET DU BIEN-ÊTRE

Dans la zone 2, toujours sous confinement, les salons de coiffure et les bains maures demeurent fermés jusqu’à nouvel ordre. Des dizaines de milliers d’emplois basculent au chômage.

Les salons de coiffure et les bains maures (Hammams) d’une grande partie du Maroc sont toujours dans le néant quant à leur réouverture. Le mardi 9 juin 2020, tard dans la nuit, le gouvernement a annoncé les mesures d’assouplissement du confinement selon la situation épidémiologique de chaque préfecture ou province de manière progressive et selon plusieurs étapes, à partir du 11 juin 2020. Dans la zone, ciblée par l’assouplissement, les salons de coiffure et des instituts de beauté rouvrent avec une exploitation ne dépassant pas 50% de leur capacité d’accueil.

La réouverture des salons de coiffure casablancais, rbatis, tangérois ou encore marrakchis se situant dans la zone 2 est reportée sine die. Comme de nombreux secteurs, les coiffeurs subissent de plein fouet la crise du coronavirus. «Depuis le 16 mars, nous ne travaillons plus», s’insurge Ahmed, propriétaire d’un salon de coiffure pour hommes dans le centre-ville de Casablanca. Un crève-coeur pour cet artisan qui ne peut plus exercer en salon comme à domicile. «J’attends seulement l’ouverture afin de renflouer mes caisses car j’ai dû utiliser toutes mes économies pendant cette longue période d’inactivité», nous révèle-t-il, sachant qu’il n’a pas pu bénéficier des indemnités de la CNSS, n’ayant pas de couverture sociale. Si jusque-là certains coiffeurs préfèrent que le gouvernement fasse preuve de prudence, plutôt que de miser sur un déconfinement hâtif, d’autres s’interrogent aujourd’hui sur la date de leur réouverture. «Nous avons hâte de savoir quand est-ce que nous pourrons rouvrir», nous explique SaharZerouali, propriétaire d’un salon de coiffure et institut de beauté à Rabat.

Elle est d’autant attendue que «nous continuons de verser les loyers de nos commerces et même si nous ne travaillons pas, nous payons tout de même nos employés», lance-t-elle. Cette situation est d’autant plus intenable que SaharZerouali venait tout juste d’ouvrir son commerce au mois de février 2020 et elle s’inquiète des conséquences de cette longue fermeture. «Je ne crois pas que nous pourrions rattraper le chiffre d’affaire que nous avons perdu lors de cette période», se désole-t-elle. Même son de cloche pour les grandes franchises, qui proposent également des prestations de spa ou de hammam individuel, ou pour les propriétaires des bains maures traditionnels ou turcs. «C’est difficile même pour nous car nous avons souvent des lourdes charges», explique Amal, directrice commerciale d’un groupe présent dans tout le Royaume. «Certains de nos instituts situés dans la zone 1 pourront être ouverts avec tout de même quelques restrictions mais nous n’avons aucune visibilité concernant nos prestations de spa et de hammams», s’interroge Amal.

Devant le désespoir et la détresse des professionnels de la coiffure et du bien-être, certaines voix tirent la sonnette d’alarme sur la fragilité dans laquelle se trouve le secteur, et l’importance de formaliser au plus vite des solutions pour sortir de ce marasme intenable.