Salim Berrada, le serial violeur présumé de Tinder

L’affaire de Salim Berrada défraye la chronique et affole les médias.


«J’ai besoin de sexe tous les deux jours, et de changer de partenaires tout le temps». Ce sont les paroles troublantes de celui qui est appelé par la presse le “violeur de Tinder”. L’affaire tentaculaire de Salim Berrada, un Marocain de 38 ans vivant en France, défraye la chronique et affole les médias par le nombre de victimes et par la systématisation du mode opératoire, qualifié de “forme d’industrialisation» par l’ordonnance de mise en accusation.

Arrivé du Maroc en France à 20 ans pour poursuivre ses études d’ingénieur, le profil semble à première vue des plus classiques. Diplômé, celui-ci décroche un CDI comme cadre informatique, avant de démissionner rapidement. “Je voulais créer, créer, créer, vivre de nouvelles choses”, déclarait alors Salim Berrada. Selon les récits de ses victimes, celui qui se faisait appeler Adam, Lou ou Crépuscule sur les applications de rencontre se présentait sur les réseaux sociaux comme un photographe chevronné. Ensuite, il invitait ses dernières, en majorité de jeunes aspirantes comédiennes ou mannequins désireuses de se constituer un book, à une séance photo dans son domicile parisien, où il leur proposait de manière insistante un verre d’alcool ou les droguaient.

Fébriles, ses femmes se font alors violer par leur présumé bourreau. Au cours de l’instruction, Salim Berrada déclare «qu’en deux ou trois ans, il a rencontré entre 200 et 300 filles, peut-être même plus, et qu’il n’y avait que quatre filles qui réagissaient de cette façon». En 2016, deux des quatre victimes dénoncent publiquement ses agissements dans des publications sur Facebook et Instagram, afin d’éviter à d’autres jeunes femmes de croiser sa route. Elles citent nommément Salim Berrada et leurs alertes sont largement relayées dans le milieu du mannequinat.

Système de prédation
Depuis, de nombreuses plaintes affluent. Des victimes le reconnaissent sur les photos qui circulent. Il s’agit souvent de très jeunes femmes. Toutes décrivent un système de prédation similaire avec des conséquences dévastatrices sur leurs vies. La première expertise psychiatrique menée sur Salim Berrada conclut à une personnalité de type «narcissique» avec une «tendance manipulatoire pouvant évoquer un fonctionnement de type pervers».

La deuxième parle d’un “profil égocentrique, «sans aucun égard pour les femmes séduites et aussitôt abandonnées ». Selon l’ordonnance des juges, chez plus de la moitié des plaignantes, des analyses toxicologiques ont mis en évidence des traces de produits chimiques correspondant à la période des faits. Salim Berrada conteste les faits qui lui sont reprochés. Son procès dure deux semaines. L’accusé risque jusqu’à 20 ans de prison.

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