Les saisonnières marocaines de retour en Espagne

CUEILLETTE DES FRAISES

A peine le dossier de leur rapatriement au Maroc en période de confinement clos, plus de 1.500 cueilleuses de fraises repartent à Huleva, la province espagnole.

La cueillette des fraises en Espagne ne connait pas de crise et se soucie très peu des mesures restrictives sanitaires. Près de 550 saisonnières débarquent à Huleva ce vendredi 15 janvier 2021 dans le cadre du programme de migration circulaire entre le Maroc et son voisin ibérique.

Elles arrivent par bateau, sur la ligne maritime reliant le port de Tanger Med et celui d’Algeciras. Elles s’ajoutent aux 550 travailleuses déjà arrivées le 8 janvier 2021 et aux 423 qui y ont fait le déplacement plus tôt, plus précisément le 30 décembre 2020. Ce n’est pas fini. D’autres viendront renforcer les rangs de ces professionnelles temporaires pour atteindre un total de 4.156 à la fin du mois de janvier en cours, complétant ainsi le premier quota convenu.

L’organisation agricole UPA Huelva a déclaré que cette opération et celles qui l’ont précédée se sont déroulées sans incident, en parfait respect des normes sanitaires mises en place par les autorité de l’Andalousie, au-delà de la lenteur des accostages des navires.

Main-d’oeuvre bon marché
L’organisation agricole prévoit, par ailleurs, la possibilité de coordonner l’arrivée la semaine prochaine de trois navires au port d’Algeciras. Elle mène actuellement des discussions avec les autorités espagnoles et les autorités marocaines sur la possibilité que les saisonnières soient directement acheminées au port de Huelva. L’on se rappelle encore la crise de rapatriement de ces saisonnières, en période de confinement, qui a duré de mai à juillet 2020.

Le dénouement de cette crise due au coronavirus n’est rien comparée à l’exploitation, au harcèlement et aux violences sexuelles dont font l’objet chaque année ces travailleuses saisonnières originaires des villes du nord du Royaume (Tanger, Tétouan, Nador…), une main-d’oeuvre bon marché.

Si le gouvernement espagnol a promis d’en finir avec ces pratiques obscènes, les dénonciations, quoiqu’elles ont relativement baissé, sont encore d’actualité. Soutenues par des ONG marocaines et espagnoles, certaines ouvrières ont réussi à porter plainte contre leurs agresseurs. Malgré cela, eu égard à leurs situations financières inextricables, ces femmes dignes acceptent encore cette besogne.

Une question s’impose: Pourquoi les fait-on venir du Maroc? La réponse est simple: Ces Marocaines, pour leur majorité responsables de leurs petites familles, perçoivent 400 dirhams par jour pour 12 heures de travail au mimima! Une rémunération faible aux yeux des travailleurs espagnols mais qui arrange des centaines de producteurs cupides de la province espagnole.


X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger