Une saison sportive riche en victoires

Des prouesses et des promesses

La saison sportive 2022 a été indéniablement celle de tous les exploits. Du foot au karaté en passant par l’athlétisme, les sportifs marocains ont signé leurs meilleures performances depuis des années. Retour sur les plus grands exploits du sport marocain durant la saison écoulée.

Plusieurs premières historiques, des titres continentaux, et surtout un carton plein en éliminatoires de coupes du monde des différentes catégories. Même les plus optimistes des observateurs ne s’attendaient pas à ce que la saison 2022 s’achève avec autant de succès pour les sportifs et les équipes représentant le Maroc, notamment dans le football.

À commencer par la sélection nationale A masculine, principale vitrine de la discipline et dont les résultats ont toujours été l’indicateur principal pour évaluer l’état de santé du ballon rond au Maroc. Après un début d’année décevant suite à l’élimination, en février, en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Cameroun face à l’Égypte, déclenchant la colère d’un public avide de titres alors que le Royaume ne compte qu’une seule CAN décrochée en 1976, soit il y a presque un demi-siècle, les Lions de l’Atlas ont su bien réagir moins d’un mois plus tard. Opposés à la République démocratique du Congo (RDC) en barrages de la Coupe du monde 2022, les hommes du très contesté Vahid Halilhodzic ont réussi à décrocher une place pour le Qatar. Le Maroc sera présent au Mondial pour la deuxième fois consécutive et la sixième de son histoire.

Engouement populaire
Mais ce sont les Lionnes de l’Atlas qui ont écrit l’histoire en se qualifiant, pour la première fois, à la Coupe du monde féminine, qui se tiendra en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2023, en atteignant les demi-finales de la CAN féminine que le Royaume a abritée du 2 au 23 juillet 2022. Les Marocaines sont allées même jusqu’en finale avant de s’incliner face à l’Afrique du Sud (1-2). Un parcours remarquable qui confirme que le Maroc est en cours de devenir une puissance africaine dans le football féminin, après avoir été un petit poucet pendant de longues années face à la domination du Nigéria et d’autres nations d’Afrique subsaharienne. La réussite de la CAN féminine au Maroc n’aura pas été que sportive au vu de l’engouement populaire généré par les résultats des Lionnes, ainsi que l’affluence importante dans les stades de la compétition qui a permis de battre le record du nombre de spectateurs présents lors d’un match de football féminin dans le continent: 45.562.

L’autre grand exploit, mais cette fois très attendu, était le sacre de la sélection de futsal en Coupe arabe des nations, tenue en Arabie Saoudite en juin. Encore une fois, Hicham Dguig et ses hommes ont confirmé leur suprématie en remportant un deuxième titre arabe consécutif après celui de 2021, et qui s’ajoute à deux CAN (2016 et 2020). La discipline s’est plus que jamais imposée comme un des meilleurs ambassadeurs du sport marocain et une source de joie pour les fans, qui étaient d’ailleurs très nombreux à accueillir l’équipe à son retour au pays après le sacre. Et c’est sans doute grâce au président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaâ, et son soutien total à M. Dguig, que la sélection de futsal est devenue une des plus grandes puissances mondiales, atteignant la 9ème place cette année.

Retour en force
En club, la saison a été encore plus réussie. Pour la première fois de l’histoire, la Supercoupe d’Afrique opposera deux clubs marocains, à savoir le Wydad Casablanca, qui a remporté, le 30 mai, sa troisième Ligue des champions aux dépens d’Al Ahly du Caire, validant par la même occasion sa deuxième participation à la Coupe du monde des clubs, et la Renaissance de Berkane, qui a raflé, une dizaine de jours auparavant, sa deuxième Coupe de la Confédération contre les Sud-Africains d’Orlando Pirates. Un exploit inédit qui concrétise le retour en force des clubs marocains en Afrique sur les cinq dernières années, avec plusieurs titres glanés par les deux équipes en question, mais aussi le Raja de Casablanca. Une percée qu’il faut, encore une fois, attribuer, en grande partie, au patron de la Fédération. Toujours dans le ballon rond, la sélection U18 masculine a remporté, le 4 juillet, la médaille de bronze aux Jeux méditerranéens d’Oran, en battant la Turquie, tandis que les U17 féminines se sont qualifiées pour la première fois à la Coupe du monde qui se tiendra en Inde en 2023.

Loin du sport roi cette fois, c’est un autre sportif marocain qui entre dans les annales de l’athlétisme marocain et mondial par la grande porte. Champion olympique du 3000 m steeple à Tokyo l’année dernière, Soufiane El Bakkali a réussi un doublé historique en remportant, le 19 juillet à Eugene, aux États-Unis, la médaille d’or aux Championnats du monde d’athlétisme. Le champion a fait ainsi d’une pierre plusieurs coups: remporter la première médaille d’or aux Mondiaux d’athlétisme depuis Jawad Gharib (Marathon) à Helsinki en 2005, mettre fin à l’hégémonie kenyane sur les 3000 m steeple qui dure depuis des décennie, et remettre l’athlétisme marocain sur le devant de la scène après plusieurs années difficiles. Au-delà des médailles et des victoires qu’il multiplie, Soufiane El Bakkali rappelle aux Marocains les légendes du passé telles que Hicham El Guerrouj et autres.

Dans les autres disciplines, il faudra noter les performances remarquables de l’équipe nationale de taekwondo (hommes et dames), qui a remporté le Championnat d’Afrique, tenu du 14 au 17 juillet à Kigali, au Rwanda, en dominant largement le tableau final, avec à la clé 16 médailles, dont 8 en or, 3 en argent et 5 en bronze. Toujours dans les sports de combat, le grand champion de Jujitsu, Seif-eddine Houmine, tout proche de remporter l’or lors des Jeux mondiaux de Birmingham, aux États-Unis, après avoir dominé la finale de son poids, s’est finalement contenté de l’argent, après des décisions arbitrales “controversées”. Le Maroc a terminé la compétition avec 4 médailles, toutes d’argent. En handball, la sélection nationale bloque toujours en demi-finale, mais a toutefois remporté le bronze lors du Championnat d’Afrique organisé en Égypte, égalant ainsi sa meilleure performance réalisée en 2006. Les poulains de Noureddine Bouhadioui seront ainsi présents au Mondial pour la deuxième fois consécutive, et la 8ème de l’histoire.

Un véritable travail de fond
L’un des grands bémols de la saison sportive restera sans doute le bilan des sportifs marocains lors des Jeux méditerranéens d’Oran. Paradoxalement, c’est lors de cette édition que le Royaume a remporté le plus de médailles, la bagatelle de 33 breloques. Mais c’est aussi la “pire” performance, puisqu’il n’a remporté l’or que 3 fois, signant ainsi son plus mauvais classement (12ème) au tableau général, depuis sa première participation aux Jeux de Beyrouth en 1959. Quoi qu’il en soit, l’année 2022 pourrait constituer une saison de référence pour le sport marocain, et surtout une occasion en or pour plusieurs fédérations pour prendre exemple des disciplines qui réussissent, afin d’entamer un véritable travail de fond qui permettra une meilleure représentation du Royaume lors des prochains rendez-vous.