Une saison agricole de tous les espoirs

Les dernières pluies du mois de janvier 2021, survenues après celles du mois de novembre 2020, dans plusieurs provinces du Royaume, ont donné une lueur d’optimisme aux agriculteurs après une longue période marquée par les effets du coronavirus et le déficit pluviométrique.

Le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts ne cache pas son optimisme. «Les perspectives de la campagne agricole 2020/2021 se sont améliorées avec les dernières précipitations qui se abattues sur les différentes régions du Royaume», a assuré tout récemment le département présidé par Aziz Akhannouch.

«Le retour des pluies a contribué à l’accélération du rythme des travaux du sol, des emblavements et des ventes des intrants agricoles, notamment les semences et les engrais de fond. Les pluies importantes et généralisées enregistrées durant la 1ère décade de janvier 2021 (83 mm en moyenne), accompagnées d’une baisse significative des températures, ont été favorables au tallage des semis précoces des céréales», indique le ministère dans un communiqué.

Gestion de l’eau
Ces pluies auront un impact très positif sur l’évolution de la campagne agricole à travers l’amélioration du couvert végétal en général et des parcours en particulier, la redynamisation des travaux d’entretien (désherbage chimique et apport d’engrais azotés) et l’augmentation des réserves des barrages à usage agricole et des niveaux des nappes phréatiques, toujours selon la même source.

«Elles permettront aussi d’améliorer la situation de l’arboriculture fruitière, notamment le bon démarrage végétatif, ainsi que le calibre et la maturation des variétés tardives et d’agrumes, outre la bonne tenue des nouvelles plantations arboricoles», lit-on sur le même document.

Accordant une importance particulière à la gestion de l’eau, le ministère rappelle que la réserve des barrages à usage agricole, cumule 5,48 milliards m3 (taux de remplissage de 41%) contre 6,23 milliards m3 la campagne précédente à la même date. «L’alimentation des barrages continue par des ruissellements qui se maintiennent à partir des hauteurs notamment par la fonte des neiges», précise le ministère.

Ainsi, avec les dernières précipitations, l’espoir d’une campagne agricole 2020/2021 plus prometteuse renaît chez les agriculteurs qui doivent faire face à une rude épreuve. Généralement, les pluies qui surviennent lors du démarrage de la campagne agricole, s’avèrent primordiales pour permettre et faciliter le labour du sol. Durant et à la fin de la saison, ces pluies sont cruciales pour avoir une bonne récolte. A défaut, l’agriculteur se trouve dans l’obligation d’utiliser les infrastructures d’irrigation qui sont coûteuses et nécessitent un entretien régulier.

Faciliter le labour du sol
Aussi bien avant les premières précipitations du mois de novembre 2020, les préparatifs de la campagne agricole 2020-2021 ont été discutés lors d’une réunion du Comité stratégique du département de l’agriculture, tenue en septembre 2020. Ainsi, un programme d’assolement des principales cultures d’automne a été mis en place sur une superficie de 5,8 millions Ha et ce, au titre de cette campagne. Tenant compte de la situation des disponibilités en ressources hydriques et de l’évolution des conditions climatiques de la saison d’automne, ce programme concerne les semences céréalières, les céréales, les légumineuses alimentaires, les cultures fourragères, les cultures sucrières et maraîchères au niveau de toutes les régions agricoles du Maroc.

Soutien des prix
Aussi, une quantité de 1,6 million de quintaux de semences a été mobilisée, dont 1,5 million de quintaux chez la Société nationale Sonacos et 100.000 chez le privé, dans le cadre des préparatifs de la saison agricole 2020-2021, comme l’avait annoncé devant les conseillers de la deuxième chambre, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch.

Une occasion qui lui a permis, notamment, de souligner que le soutien des prix de la part de l’État s’élève à 175 dirhams le quintal pour le blé tendre, 200 dirhams le quintal pour le blé dur et 325 dirhams le quintal pour l’orge. Selon lui, il sera procédé dans ce cadre à la mise en oeuvre d’un programme d’accroissement des céréales d’automne en fonction de l’évolution des conditions climatiques sur une superficie comprise entre 42.000 et 50.000 hectares.

S’agissant des céréales d’automne, une superficie totale d’environ 4.900.000 hectares a été programmée, dont quelque 5% irrigués, avec 46% pour le blé tendre, 21% pour le blé dur et 33% pour l’orge, a précisé le ministre, ajoutant que la superficie consacrée aux cultures fourragères est estimée à presque 507.000 hectares.

Pour les cultures sucrières, il a relevé que la superficie cultivée sera comprise entre 58.000 et 69.000 hectares, selon la disponibilité des eaux des barrages dans les régions, alors que la superficie réservée légumes d’automne est estimée à 105.000 Ha. S’agissant des perspectives, elles s’annoncent bonnes pour la production des filières fruitières, avec une hausse de celle des agrumes de 29%, des olives (14%), du palmier dattier (4%) et de grenade (2%).

Le ministre a, en outre, relevé que le plan «Génération Green» devra insuffler une nouvelle dynamique à l’agriculture marocaine en termes de productivité et de compétitivité, ainsi qu’en matière de création d’opportunités d’emploi et d’amélioration des conditions des agriculteurs. A cet égard, a-til expliqué, l’accent est mis sur la protection sociale, la création d’opportunités d’emplois et d’activités génératrices de revenus, l’appui à la compétitivité et à la création de la valeur, en plus de l’encouragement des investissements pour soutenir la dynamique économique.

Force est de constater, alors, que l’agriculture constitue un secteur phare sur lequel l’économie nationale compte pour amorcer une relance sur de solides bases. Les attentes sont d’ailleurs positives comme le révèle le projet de loi de finances (PLF) au titre de l’exercice 2021 où l’on table sur un rebond de 11% de la valeur ajoutée agricole. Mais encore faut-il que l’hypothèse d’une production céréalière de 70 millions de quintaux (Mqx) se réalise.

Ce projet de loi a également érigé la réalisation des principaux projets liés à la nouvelle stratégie agricole «Génération Green 2020- 2030» au coeur des préoccupations pour l’année prochaine. Des projets qui ne peuvent que contribuer significativement à atténuer l’impact de la crise et à freiner les pertes d’emplois, voire même à créer de nouveaux postes. La croissance économique en 2021 autour de 4%, annoncée par la banque mondiale, ne pourrait, d’ailleurs, que profiter de l’accroissement de la production agricole. Au grand profit de tous.


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