Saignement grave dans le tissu économique national

PLUS DE 10.000 FAILLITES D’ENTREPRISES ATTENDUES À FIN 2020

La relance économique promise par le gouvernement n’a pas profité aux PME. De même, les crédits bancaires désignés sous le nom Crédit Oxygène ou Crédit Relance ne sont pas allés aux entreprises les plus touchées par la pandémie. Ceci fait craindre un taux de mortalité économique particulièrement grave.

Une chose est sûre: la situation économique s’est énormément dégradée suite à la crise du Covid-19. Malgré le plan de relance annoncé par le gouvernement et les lignes de crédit proposées par les banques sous la garantie de l’Etat, les faillites des entreprises sont fortement attendues au cours des prochains mois. Le taux de mortalité économique est appelé à s’aggraver, ce qui provoquera, sans aucun doute, des pertes d’emploi considérables et générera un niveau de chômage monstrueux.

Les pronostics des spécialistes et autres experts économiques sont, pour le moins que l’on puisse dire, alarmants. 10.000 entreprises vont ainsi disparaître du tissu économique national. Avancé par le président de la confédération de la TPE/ PME, Abdellah El Fergui, ce pronostic s’appuie sur son analyse selon laquelle plus de 80% des entreprises étaient en arrêt total d’activité pendant le confinement. La relance économique promise par le gouvernement n’a pas profité à cette cible économique.

Liquidations judiciaires
De même, les crédits bancaires désignés sous le nom Crédit Oxygène ou Crédit Relance ne sont pas allés aux entreprises les plus touchées par la pandémie. Selon d’autres sources comme le cabinet Inforisk, les faillites des entreprises enregistrées jusqu’à fin août 2020 se chiffrent à seulement 3.247 unités, contre 5.168 pendant la même période de l’année dernière. Mais beaucoup estiment que les chiffres de 2020 ne sont pas réels du fait des tribunaux de commerce toujours fermés à cause de la crise sanitaire. Les professionnels s’attendent, en revanche, à un engorgement des tribunaux vers la fin du troisième trimestre. Pour beaucoup, les faillites devraient bondir de 33% entre 2019 et 2021 selon les dernières prévisions de Coface. Les premières estimations d’Inforisk ou encore d’Euler Hermes faisant état d’une hausse de l’ordre de 6% des défaillances d’entreprises marocaines sont d’ores et déjà désuètes.

Mais, après six mois, les dégâts semblent limités. Au total, 2.554 liquidations judiciaires ont été prononcées entre janvier et juin, contre 4.111 sur la même période de l’année dernière. Après une hausse de 14% des faillites en janvier, la tendance s’est brutalement inversée sur les cinq mois suivants avec un effondrement de l’activité au cours des mois d’avril, mai et juin. Moins de 200 dépôts de bilan ont été enregistrés au deuxième trimestre. «En temps normal, l’on aurait compté 1.700 défaillances de plus», explique Amine Diouri, directeur Communication et Services au sein d’Inforisk.

En temps de Covid-19, les prochains mois pourraient être très meurtriers. Au niveau sectoriel, le commerce de gros (727 entreprises), la construction (376) et les services aux entreprises (281) ont concentré 54% des défaillances au premier semestre. Dans les secteurs lourdement touchés par la crise, l’on recense 129 liquidations dans l’hôtellerie et la restauration et 149 dans les activités immobilières. Mais, ces indicateurs sont déformés par les mesures de confinement.

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