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Said Mouline: "Notre modèle est très compétitif dans le secteur de l'économie"

Directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE)

La politique énergétique du Royaume donne la priorité au développement des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. Tour d’horizon avec Said Mouline, directeur général de l’AMEE.

Le rapport «Green Future Index», du Massachusetts Institute of Technology, classe le Maroc 5ème sur 76 pays en termes d’«innovation propre». Une consécration de la stratégie des énergies renouvelables du Maroc?
C’est le résultat de la politique énergétique voulue au plus haut niveau de l’Etat et qui est mise en oeuvre depuis 2009 sous la supervision de sa majesté le Roi Mohammed VI, et qui accorde la priorité au développement des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. De grands projets et des milliers de petits projets ont pu émerger six ans après le lancement de cette initiative royale.

Le rapport souligne la compétitivité de notre modèle dans le secteur de l’économie, qui pratique l’un des plus bas prix au monde (0,03 dollars le kilowatt/heure) pour la production de l’électricité à travers les énergies renouvelables, l’aspect innovation et l’industrialisation à travers la production et l’exportation de pales de tribunes d’éoliennes par des usines marocaines. MIT évoque également la dimension Recherche & Développement (R&D) dans les universités et la création d’emplois verts.

D’après l’enquête «Peoples’ Climate Vote» du PNUD, 44% des jeunes Marocains préconisent l’investissement dans l’entrepreneuriat vert pour lutter contre le changement climatique. Que revêt cet engagement pour vous?
Nous sommes très heureux de voir que les jeunes de notre pays mesurent l’impact des changements climatiques, notamment la rareté des pluies et la sécheresse. C’est le résultat des actions menées par la société civile, qui joue un rôle très important dans la sensibilisation à l’économie verte. La Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, par exemple, développe d’importants programmes d’éducation destinés aux écoles et aux académies sur des thématiques environnementales, notamment la gestion des plages à travers son label Pavillon bleu.

L’AMEE a signé une convention avec le ministère de l’Education nationale pour la promotion de l’efficacité énergétique dans ses locaux. Une façon de vulgariser cette pratique?
Les ministères, en tant qu’institutions étatiques, se doivent d’être exemplaires en termes d’efficacité énergétique. C’est dans ce cadre qu’entre cette convention. Nous avons aussi élaboré des guides qui seront mis à la disposition des élèves et étudiants pour les sensibiliser à cette thématique dès le plus jeune âge, pour leur montrer que c’est un combat collectif et qu’en dehors des technologies, l’efficacité énergétique est avant tout un comportement.

L’implication du secteur privé dans la promotion de l’économie verte figurait parmi les recommandations de la Cop 22, tenue en 2016 à Marrakech. Qu’en est-il de la réalité cinq ans plus tard?
L’AMEE dépend maintenant du ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et numérique. Outre l’efficacité énergétique, il intègre la mobilité durable et la production propre. Il faut décarboniser notre industrie parce que des taxes carbone seront appliquées à l’export. Nous sensibilisons les acteurs du secteur privé dans ce sens, notamment à travers la Commission économie verte de la CGEM. Nous nous réjouissons aussi de la mise en place d’outils de financements verts, préconisés lors de la Cop 22, par les banques marocaines pour accompagner plusieurs projets.